Résumé

André Baillon Le Perce-oreille du Luxembourg

Un homme bien mis, un peu gras, me dépassa, fit demi-tour, piqua droit sur moi, la main tendue :
— Eh bien ! Marcel, on ne me reconnaît pas ! Ton vieux copain, voyons : Dupéché.
J’ai l’impression qu’en voyant son dos, je le détestais déjà. Son nom me remplit de dégoût. Mon premier regard fut pour ses pieds, à présent bien chaussés, qui avaient écrasé mon perce-oreille. Puis j’eus dans les yeux une série de Dupéché : Dupéché au catéchisme, Dupéché ne connaissant pas sa leçon, Dupéché me poussant du coude, Dupéché et ses clins d’œil, Dupéché levant la main et me narguant d’un pied de nez.
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André Baillon Le Perce-oreille du Luxembourg

Savoir jusqu’à quel point je supporterai le mal ; toucher de l’ongle l’œil à l’endroit que je sais ; si je rate, recommencer ; si je réussis, recommencer quand même, car ai-je vraiment réussi ? Après, recommencer, car réussirai-je encore ? Avec plus de mal ? Moins de mal ?
Bah ! ce sont des tics, les médecins l’affirment. Mais de grâce, que l’on se dispense de les arrêter dans une camisole de force. C’est comme si la plume sur le point de se partager, ne se partageait pas. Ce que l’on défend à mon pouce, ma pensée l’accomplit. C’est autrement pénible.
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André Baillon Le Perce-oreille du Luxembourg

Il y avait surtout le péché contre le sixième commandement « si horrible, disait M. le Curé, que les anges, quand on le commet, se détournent pour ne pas le voir ».
— Et le diable, mes enfants !
M. le Curé avançait sur la pointe des pieds, regardant à droite, à gauche et donnant une expression féroce à sa figure pourtant si douce :
— Il rôde ainsi, en vous, autour de vous. Il commence par vous dire : « Ne craignez rien : vous savez bien que je n’existe pas... » et boum ! il saute sur vous, prend votre âme et la jette dans le péché mortel.
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