Résumé

Buonaparte jugé par lui-même, dialogue… (1823)

NAPOLÉON.
Les événemens conspirèrent contre moi, mais j'étois à la tête de la conspiration; c'est moimême qui me suis perdu; je n'ai plus l'injustice d'accuser ni le sort ni les hommes ; deux fois j'attirai sur la France les calamités de l'invasion; deux fois je plaçai au bord de l'abîme une nation généreuse qui m'avoit tout sacrifié.
DUROC.
Ne soyez point injuste pour vous-même; remontez aux premiers temps de votre célébrité; les historiens les plus sévères seront forcés de rendre hommage à votre gloire militaire ; elle est immortelle.
Source : Gallica

Buonaparte jugé par lui-même, dialogue… (1823)

Epoque à jamais honteuse, où des milliers d'hommes se sont égorgés pour une cause perdue, où des flots d'or durent racheter le territoire français, où prenant mes auxiliaires dans les passions hideuses de 93, j'ai voulu m'en servir pour étayer le trône de Cent-Jours; oui, j'ai reveillé d'odieux souvenirs que j'avois étouffés, j'ai rouvert un abîme devant la monarchie. Mon retour de l'île d'Elbe est la plus mauvaise action de ma vie; jamais homme ne donna au monde un tel exemple d'égoisme ; jamais les Français ne doivent me pardonner les Cent-Jours.
Source : Gallica

Buonaparte jugé par lui-même, dialogue… (1823)

Poètes, orateurs, faites des apothéoses, accordez-moi des regrets , louez-moi dans vos chants; outragez les cendres de ces millions d'hommes qui se firent tuer pour l'empereur ; insultez aux libertés publiques que j'avois détruites ; mettez après la main sur votre coeur, et dites-moi s'il est Français.
Non-seulement la nation se montra clémente pour celui qui la perdoit, mais elle fut encore généreuse, magnanime ; la grandeur de ses sacrifices se régla sur la gravité de ses malheurs
Source : Gallica

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