Résumé

C. Lavollée Revue des Deux Mondes

Nous demeurons convaincus, sur la parole d’un roi de Prusse, qu’il ne doit pas se tirer un coup de canon en Europe sans notre permission ; mais nous ne réfléchissons pas que, depuis le jour où le roi Frédéric nous donnait le droit d’être si fiers, l’Europe n’a cessé d’agrandir l’horizon de sa géographie politique ; nous oublions cette vaste émigration d’hommes, d’idées, de marchandises, qui a rayonné vers les extrémités de l’Asie, par-delà les mers du Sud et des Indes ; nous ne songeons pas qu’aujourd’hui l’Europe est partout, et qu’il y a encore des contrées qui se demandent ou est la France.
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C. Lavollée Revue des Deux Mondes

Il n’est donc pas exact d’attribuer aux théories absolues du libre échange les réformes de la Grande-Bretagne; la protection a abdiqué, parce que sa mission était accomplie; elle n’a pas été vaincue par un principe rival. Il est vrai que l’Angleterre s’applique aujourd’hui, par les écrits de ses publicistes et par la voix de ses hommes d’état, à convertir le monde entier au libre échange, et que, dans cette croisade nouvelle, elle ne craint pas de prodiguer le dédain et l’injure à la législation qui l’a faite si grande sur les mers.
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C. Lavollée Revue des Deux Mondes

À mesure que l’Europe se répand sur le monde et promène à travers les mers ses émigrans, son génie et ses richesses, l’élément maritime conquiert une part plus grande dans la constitution militaire des nations : l’Océan est désormais le champ de bataille où se joueront les destinées de l’avenir. Aujourd’hui des millions d’hommes se pressent et se croisent en tous sens jusque dans les zones les plus lointaines : l’échange des marchandises que l’industrie humaine confie à la fortune des mers a atteint des proportions merveilleuses.
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