Résumé

Camille Allary Au pays des cigales : nouvelles et contes (1876)

Est-ce Plancus, vieillard de vingt ans qui ne peut marcher que soutenu par deux esclaves ? Est-ce Diomèdes, dont le visage ridé est peint comme celui d'une vieille fille de joie? Est-ce Halconius, qui, au lieu de sang, a du lait dans les veines? Est-ce Arrius, corps atrophié dont mes murènes ne voudraient pas? Dites donc, quel est celui-là? L'amour, vous en êtes indignes ! Vous n'êtes que les produits pourris de la prostitution et du vice. Oui, Halconius a dit vrai, j'aime, j'aime de toutes les forces de ma jeune âme; c'est avec joie que je me suis donnée à Myron.
Source : Gallica

Camille Allary Au pays des cigales : nouvelles et contes (1876)

L'amour, fit tout à coup Archenassa en posant sur la table la coupe d'ambre qu'elle venait de vider, et qu'un sculpteur avait moulée sur son sein ; l'amour, il vous sied bien d'en parler ! Vous connaissez le mot, et non la chose. L'amour, vous l'avez peut-être vu passer, comme une ombre, dans les fumées de l'orgie. C'est à peine s'il vous a été donné de l'entrevoir. Quel est celui d'entre vous qui pourrait inspirer cette passion qui enivre, enfanter cette flamme divine qui fait tout oublier, qui dévore, qui
confond deux êtres, deux âmes, au point d'en faire un tout?
Source : Gallica

Camille Allary Au pays des cigales : nouvelles et contes (1876)

Oh! lorsque je t'ai vu pour la première fois, soupira Archenassa en tournant un long regard humide vers son amant, et que tes yeux ont rencontré les miens, tu as ouvert un horizon inconnu à mon âme, et j'ai senti que tu serais mon premier et mon dernier amour.
— Ma bien-aimée, s'écria Myron dans un élan passionné, c'est toi que j'attendais, c'est toi que je voyais en rêve. Maintenant je puis mourir, car j'ai respiré cette fleur
inconnue qu'on appelle la félicité humaine et j'ai vécu.
Source : Gallica

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