“ ODYSSEUS. Diomèdès, égorge le lion Thrèkien, ou laisse-moi ce soin, et alors inquiète-toi des chevaux. DIOMÈDÈS. Moi, je tuerai ; toi, tu dompteras les chevaux. Tu es, en effet, très habile, plein d’adresse et de ruse. Il est bon que chaque homme fasse ce qu’il fait le mieux. ATHÈNA. Je vois Alexandros qui vient à nous. Il a sans doute appris de quelque garde de vagues rumeurs sur l’approche de l’ennemi. DIOMÈDÈS. Vient-il seul, ou avec d’autres ? ATHÈNA. Seul. Il marche, semble-t-il, vers les tentes de Hektôr, pour l’avertir qu’il y a des espions dans le camp. ”
Diomèdes
Définition et enjeux
Citations sur “Diomèdes”
“ Et il tonna fortement, lançant la foudre éclatante devant les chevaux de Diomèdès; et l'ardente flamme du soufre brûlant jaillit. Les chevaux effrayés s'abattirent sous le char, et les rênes splendides échappèrent des mains de Nestôr; et il craignit dans son coeur, et il dit à Diomèdès:— Tydéide! retourne, fais fuir les chevaux aux sabots épais. Ne vois-tu point que Zeus ne t'aide pas? Voici que Zeus Kronide donne maintenant la victoire à Hektôr, et il nous la donnera aussi, selon sa volonté. Le plus brave des hommes ne peut rien contre la volonté de Zeus dont la force est sans égale. ”
“ Et tu vins là, et sans doute un dieu te l'ordonna qui voulut accorder la gloire aux Troiens, et Dèiphobos semblable à un dieu te suivait. Et tu fis trois fois le tour de l'embûche creuse, en la frappant; et tu nommais les princes des Danaens en imitant la voix des femmes de tous les Argiens; et nous, moi, Diomèdès et le divin Odysseus, assis au milieu, nous écoutions ta voix. Et Diomèdès et moi nous voulions sortir impétueusement plutôt que d'écouter de l'intérieur, mais Odysseus nous arrêta et nous retint malgré notre désir. ”
“ ODYSSEUS. Hektôr, en effet, est audacieux maintenant. Étant victorieux, il est audacieux. DIOMÈDÈS. Que ferons-nous donc, Odysseus ? Nous n’avons pas trouvé l’homme dans ses tentes, et notre espérance est trompée. ODYSSEUS. Retournons très promptement à la station des nefs. Celui des Dieux qui lui a donné la victoire le protège. Il ne nous appartient pas de lutter contre la destinée. ”
Homère,
Iliade
(VIIIe siècle av. J.-C.)
“ Reprends courage, ô Diomèdès, et combats contre les Troiens, car j’ai mis dans ta poitrine l’intrépide vigueur que possédait le porte-bouclier, le cavalier Tydeus. Et j’ai dissipé le nuage qui était sur tes yeux, afin que tu reconnaisses les dieux et les hommes. Si un immortel venait te tenter, ne lutte point contre les dieux immortels ; mais si Aphroditè, la fille de Zeus, descendait dans la mêlée, frappe-la de l’airain aigu. ”
Camille Allary, Au pays des cigales : nouvelles et contes (1876)
“ Archenassa fit approcher deux esclaves scythes, colosses à cheveux crépus, et, avec un geste impérieux : « Jetez-moi ces dormeurs à la rue. Quant à vous, mes chers seigneurs, fitelle en montrant le couloir de sortie à Diomèdes et à Arrius, voici le chemin que vous devez suivre. » Arrius et Diomèdes, comprenant que la résistance devenait impossible, obéirent à l'injonction de la courtisane. Quelques instants après ils se trouvèrent dans la rue toute blanche des clartés de la lune, en face d'une solide porte de cèdre ornée d'énormes clous d'airain. ”
“ Et Diomèdès hardi au combat cria d'une voix haute à la déesse:— Fille de Zeus, fuis la guerre et le combat. Ne te suffit-il pas de tromper de faibles femmes? Si tu retournes jamais au combat, certes, je pense que la guerre et son nom seul te feront trembler désormais.Il parla ainsi, et Aphroditè s'envola, pleine d'affliction et gémissant profondément. Iris aux pieds rapides la conduisit hors de la mêlée, accablée de douleurs, et son beau corps était devenu noir. Et elle rencontra l'impétueux Arès assis à la gauche de la bataille. Sa pique et ses chevaux rapides étaient couverts d'une nuée. ”
“ Mais Diomèdès, hardi au combat, les commandait tous. Et ils étaient venus sur quatre-vingts nefs noires.Et ceux qui habitaient la ville forte et bien bâtie de Mykènè, et la riche Korinthos et Kléôn; et ceux qui habitaient Ornéia et l'heureuse Araithyréè, et Sikiôn où régna, le premier, Adrèstos; et ceux qui habitaient Hipérèsia et la haute Gonoessa et Pellèna, et qui vivaient autour d'Aigion et de la grande Hélikè, et sur toute la côte, étaient commandés par le roi Agamemnôn Atréide. Et ils étaient venus sur cent nefs, et ils étaient les plus nombreux et les plus braves des guerriers. ”
Homère,
Les Dix Premiers Livres de l’Iliade d’Homère
“ Car il receut ung si grand coup d’Espée, Qu’il eut la main dextre tout net coupée. Dont noire mort subitement le prit, Et l’aveugla luy ravissant l’Esprit. Durant le temps que ces Roys batailloient, Et les Troiens la rompuz detailloient : À peine eust l’on Diomedés cognu, Ne pour Gregeois, ou pour Troien tenu. Parmy le Camp paissoit sans arrester, Ne trouvant rien qui luy peust resister. ”
“ Xanthos, Podargos, Aithôn et divin Lampos, payez-moi les soins infinis d'Andromakhè, fille du magnanime Êétiôn, qui vous présente le doux froment et vous verse du vin, quand vous le désirez, même avant moi qui me glorifie d'être son jeune époux. Hâtez-vous donc, courez! Si nous ne pouvons enlever le bouclier de Nestôr, qui est tout en or ainsi que ses poignées, et dont la gloire est parvenue jusqu'à l'Ouranos, et la riche cuirasse de Diomèdès dompteur de chevaux, et que Hèphaistos a forgée avec soin, j'espère que les Akhaiens remonteront cette nuit même dans leurs nefs rapides. ”
Eugène Vallée, Les oeuvres de Maistre François Rabelais… (1868-1903)
“ Car comme est la sentence de Homere, chose griefue, abhorrente, & denaturee est perir en mer. De saict Æneas en la tempeste de laquelle feut le conuoy de ses nauires pres Sicile surprins, regretoit n'estre mort de la main du fort Diomedes, & disoit ceulx estre troys & quatre foys heureux qui estoient mortz en la conflagration de Troie. Il n'est ceans mort persone. Dieu feruateur en soit éternellement loué. ”
Homère,
Les Dix Premiers Livres de l’Iliade d’Homère
“ De douze Beufz, ou Toreaux non domptez, À pareil jour en son Temple portez. Et qu’il luy plaise en sa Tutele prendre Femmes, Enfans, & ce peuple deffendre : En esloignant tant qu’il sera possible De la Cité, le Cruel & Terrible Diomedés. Lequel est, ce me semble Plus belliqueux, que tous les Grecs ensemble. Ie n’ay point veu noz Gens abandonner Ainsi leurs Rencz, ne tant fort s’estonner Pour Achillés, qu’on dict de Thetis Filz : Comme à present je les voy desconfictz, Par la fureur de ce Grec redoubtable, Qui n’est à nul, qu’à soy mesmes semblable. ”
William Shakespeare,
Troïlus et Cressida
“ ACHILLE.—Allons, allons, entrons dans ma tente. (Achille sort avec Hector, Ajax et Nestor.) THERSITE.—Ce Diomède est un misérable au coeur faux, un scélérat sans foi; je ne me fie pas plus à lui quand il vous regarde de travers, qu'à un serpent quand il siffle. Il fera grand bruit de paroles et de promesses, comme un mauvais limier; mais lorsqu'il les tient, oh! les astronomes l'annoncent, c'est un prodige, cela doit amener quelque révolution: le soleil emprunte sa lumière de la lune, quand Diomède tient sa parole. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ DIOMÈDE. — C’est aussi mon opinion... Salut, seigneur Énée.PÂRIS. — Prenez cette main, Énée. C’est un vaillant Grec ! — Témoin votre langage, alors que — vous racontiez comment, toute une semaine, Diomède — vous avait hanté sur le champ de bataille.ÉNÉE. Bonne santé à vous, vaillant sire, — tant que s’interposera la trêve pacifique ; — mais, quand je vous retrouverai sous les armes, à vous le plus sombre défi — que l’âme puisse concevoir ou le courage exécuter !DIOMÈDE. — Diomède accepte l’un et l’autre souhait. — Notre sang est calme à présent ; tant qu’il le sera, bonne santé à toi ! ”
Denis Diderot,
Supplément aux Oeuvres de Diderot…
(1819)
“ J'aurais élevé Diomède sur un amas de cadavres. Le sang eût coulé sous ses pieds. Terrible dans son aspect et dans son attitude, il eût menacé la déesse de son javelot. Cependant les Grecs et les Troyens se seraient entr'égorgés autour de lui. On aurait vu le char d'Énée fracassé, et l'écuyer de Diomède saisissant ses chevaux fougueux. Pallas aurait plané sur la tête de Diomède. Apollon aurait secoué à ses yeux sa terrible égide. Mars, enveloppé d'une nue obscure, se serait repu de ce spectacle terrible. On n'aurait vu que sa tête enrayante, le bout de sa pique et le nez de ses chevaux. ”
Homère,
L'Illiade d'Homère. Tome 1
(1828-1833)
“ Je verrai si le fort Diomède me repoussera loin des navires jusque vers nos remparts, ou si, moi-même, le frappant avec l'airain, j'enleverai ses dépouilles sanglantes ; demain il fera preuve de valeur, s'il résiste aux coups de ma lance : mais, j'ose le croire, dès l'aurore il tombera le premier couvert de blessures, et ses nombreux compagnons autour de lui. Plût aux dieux que je fusse assuré d'être immortel, de conserver toujours une vive jeunesse, et d'être honoré à l'égal de Minerve ou d'Apollon, comme il est sûr que ce jour sera funeste aux Argiens ! ”
Emmanuel Quinsonas, Le dernier mot sur la maison de Diomède ou Un revenant de Pompéï… (1869)
“ Combien même furent heureux d'être admis par grâce aux festins du triclinium et à un entre autres qui, en retour, furent ingrats jusqu'à m'insulter, me ridiculiser, m'exposer à la risée des sots et des niais, moi Diomède, en me traînant sur les planches de leurs théâtres dégénérés, ce que Thespis aviné, barbouillé de lie, n'aurait pas osé commettre! Comme je les reconnais bien là, ô nature! toujours affamés, toujours ingrats, toujours les mêmes dans tous les temps, les parasites. ”
Ovide,
Les Amours/Traduction Séguier
“ À bas, main sacrilège, odieux instrument, Subis les fers que tu mérites ! On ne saurait toucher au moindre citoyen, L’on pourrait battre sa maîtresse ? Diomède est un monstre : il frappe une Déesse ”
Ali Bétolaud, Un monde inconnu
“ D’un naturel doux et paisible, pénétrés dans une large mesure de l’amour du bien, du respect de la science et de l’ambition légitime de s’élever toujours plus haut, les Diémides — c’est-à-dire en langage lunaire ceux qui aspirent à une condition meilleure — acceptaient avec joie ces travaux qui servaient à l’utilité commune de la grande famille dont ils faisaient partie. ”
Paul Petit, Les diatomées : histoire naturelle… (1888)
“ Ces faits se retrouvent dans toutes les classes d'êtres vivants, mais surtout parmi ceux dont la multiplication est très active, et les Diatomées sont de ce nombre ; dans ces conditions, en effet, il se produit très facilement des variétés : variétés accidentelles qui peuvent se fixer aisément lorsque la reproduction se fait par division cellulaire et sans intervention sexuelle ; variétés d'adaptation dans lesquelles certaines modifications s'affirment de plus en plus, quand l'espèce se trouve transportée dans un milieu notablement différent de celui au sein duquel elle s'est formée. ”
Paul Petit, Les diatomées : histoire naturelle… (1888)
“ Ce genre, très intéressant par l'élégance de formes et la délicatesse de sculpture des espèces qui le composent, renferme un des plus jolis types de la famille des Diatomées, la « perle » des tests, le fameux Surirella gemma, d'Ehrenberg, sur lequel depuis bien des années les micrographes éprouvent leurs objectifs et exercent leur habileté. Du reste, toutes les espèces ont des stries assez délicates pour exiger de forts grossissements et de bons objectifs lorsqu'on veut les voir distinctement. ”
Eduard Jacobi, Dictionnaire mythologique universel… (1863)
“ Ainsi qu'Achille, Ulysse et Hector, Diomède est du nombre des héros les plus célébrés par Homère. Il assiste à tous les combats, et se trouve à tous les dangers; son opinion prévaut dans le conseil, il sort victorieux des jeux, il est la terreur des ennemis, et jouit d'une grande' autorité parmi ses amis. — Mythes postérieurs à Homère. Après la guerre des Épigones contre Troie, Diomède sollicita la main d'Hélène, et plus tard fit partie de l'expédition de Trote. Comme-parent de Thersite, ~é par Achille, il s'opposa à ce que l'amazone ~Entliésilée reçût les honneurs de la sépul- ~e ”
Gaston de Saporta,
L’École transformiste et ses derniers travaux
“ On conçoit que, ces prémisses une fois concédées, l’hypothèse marche d’elle-même. Les gemmules accumulées dans l’intérieur des corps vivans donneraient raison de tous les phénomènes de l’hérédité. de la transmission et de. la modification des caractères, de l’apparition de ceux-ci à un moment déterminé. Les évolutions de gemmules rendraient aussi bien compte de la croissance ou développement normal et continu que des métamorphoses et des métagénèses, c’est-à-dire des changemens rapides qui s’opèrent dans l’organisme tout entier. ”
Paul Petit, Les diatomées : histoire naturelle… (1888)
“ C'est à ce point, comme nous l'avons fait remarquer, que, pour tenir compte de toutes les formes, les diatomistes ont été amenés à créer un très grand nombre de genres et un plus grand nombre encore d'espèces, qu'il a fallu peu à peu émonder, puis sacrifier tout à fait quand on a reconnu que ces formes n'offrent aucune fixité et passent, pour la plupart, les unes aux autres sans que l'on puisse toujours savoir quelle est la forme fondamentale et la variété. ”
Charles Hequet, Une habitation romaine à Pompéï… (1869)
“ Les habitations mêmes des personnes du bas peuple, les boutiques, les lieux ignobles, sont également ornés de belles mosaïques et de peintures, ce qui donne à Pompéï, non-seulement l'aspect d'une ville toute peinte, mais encore un air de noblesse et de grandeur. Il est singulier qu'on n'ait trouvé que très-rarement à Pompéï des écuries pour les animaux et des remises pour les chars et les voitures peut-être y avait-il des écuries publiques dans les faubourgs? ”
Giambattista Vico,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ Passons-lui donc d’avoir présenté la force comme la mesure de la grandeur des dieux ; laissons Jupiter démontrer, par la force avec laquelle il enlèverait la grande chaîne de la fable, qu’il est le roi des dieux et des hommes ; laissons Diomède, secondé par Minerve, blesser Vénus et Mars ; la chose n’a rien d’invraisemblable dans un pareil système ”
Paul Petit, Les diatomées : histoire naturelle… (1888)
“ Les valves sont lancéolées, longues, Fig. 338. — Dimeregramma fulvum, Ralf. striées transversalement de stries à ponctuations relativement fines, qui s'alignent aisément en files longitudinales. La face connective est resserrée au-dessous des deux extrémités. Cette espèce, marine comme les autres, peut avoir de 3 à 8 cent. de mm. de long. Glyphodesmis. — Les Glyphodesmis ont de grandes analogies avec les Dimeregramma. Ils présentent un pseudo-raphé lisse, quelquefois très large et réduisant les stries à n'être plus que marginales (Glyphodesmis distans, Greg.) ”
Paul Petit, Les diatomées : histoire naturelle… (1888)
“ C'est une jolie petite diatomée d'eau douce, délicatement marquée de stries ponctuées (22 stries dans 1 cent. de mm.) Un certain nombre d'espèces forment un groupe fort remarquable par la forme en S qu'affectent les frustules considérés par la face connective ; aussi les a-t-on désignées sous les noms de Sigmoïdèes et de Sigmêes, suivant que leur carène est centrale ou un peu latérale; nous les réunissons sous le nom de Sigmoïdes. Elles sont très longues et ont ordinairement la face valvaire droite ou un peu flexueuse ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Tous les animaux viennent de même de germes ou d’œufs renfermés dans les premiers de chaque espèce qui ne font qu’éclore & se développer. ☞ Le germe des animaux vivipares, dit M. Duhamel, de quelque façon qu’il soit formé, prend son accroissement dans le sein de sa mere, d’où le jeune animal sort pourvû de tous ses organes. Au moment de sa naissance il prend, pour ainsi dire, une nouvelle façon de vivre. ”
G. Espé de Metz, Fleurs de tranchées ; Preusskopf… (1916)
“ CRESSIDA, minaudant. — Oh ! je ne sais vraiment pas. mon ami, si je dois. AGAMEMNON, à Diomède. — Faites, Diomède ; je vous autorise à baiser dès maintenant une fois. une seule fois. le front pur de cette jeune et innocente vierge. TIICnSlTE, à part — Non ! Le front pur de cette jeune et innocente vierge. Pfoui. DIOMÈDE. — Oh ! je me sens transporté d'amour ! Pendant qu'il embrasse Cressida, Patrocle baise la main que Cressida lui a donnée par-dessus l'épaule de Diomède ”
