Résumé

Charles Baille L'invasion à Poligny, janvier-avril 1871… (1897)

Voilà le pain sec. Philippe, notre jardinier, qui a été pour nous dans toutes ces épreuves d'un dévouement d'ancien régime, n'avait pas voulu quitter son panier ; j'ai pu, malgré les cris de la sentinelle, avaler un bouillon et Philippe, sous prétexte de me serrer la main, m'a remis un petit flacon qui contenait un verre de vieille eau-de-vie ; je le distribue aux vieillards qui
en ont plus besoin que moi, et aussi à ce brave Maire qui est éreinté et qui savoure avec une joie d'enfant ces deux doigts de gloria qui le relèvent un peu.
Source : Gallica

Charles Baille L'invasion à Poligny, janvier-avril 1871… (1897)

Rien à signaler aujourd'hui, si ce n'est le sentiment qui s'impose à tous de l'absolue impossibilité de la résistance. Chacun comprend, et la municipalité autant que chacun, que ce serait une folie de risquer l'existence d'une ville de six mille âmes pour l'étrange point d'honneur d'opposer à toute une armée, des plus puissamment organisées, un pauvre bataillon de garde nationale dont chaque homme individuellement, je le répète, est à coup sûr très brave, mais qui, en masse, n'a rien d'une force armée.
Source : Gallica

Charles Baille L'invasion à Poligny, janvier-avril 1871… (1897)

Nous perdons une grande heure à transborder notre patache et, sans l'audace et l'adresse de notre Prussien rompu à de pareilles manoeuvres, nous n'en serions pas sorti. A deux pas de là, nous trouvons des retranchements, la terre couverte de bourres et de débris de cartouches, les friches environnantes parsemées de fosses fraîchement comblées. Vous
avez, comme moi, suivi jour par jour, avec angoisse, les détails de cette affreuse guerre sur la terre de France
Source : Gallica

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