Armée de Bourbaki

Définition et enjeux

Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade La Guerre de France en 1870-1871…

Cette armée promise à un si grand malheur, elle se composait des corps plus qu’à demi désorganisés qui s’étaient repliés vers le centre, vers Bourges, après les désastres d’Orléans aux premiers jours de décembre, et elle venait d’être mise sous les ordres d’un des chefs les plus populaires, le général Bourbaki, arrivé depuis peu sur la Loire.
Toujours jeune avec ses cinquante-six ans, esprit brillant et fin, cœur chaud et impétueux, caractère franc et résolu, Bourbaki était certes l’homme le mieux fait pour conduire une entreprise hardie dans des conditions moins contraires.
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Paul et Victor Margueritte Revue des Deux Mondes

Bourbaki, la mort dans l’âme, jugea l’armée perdue. Parti à huit heures du matin, il était cinq heures du soir quand, à quelques kilomètres de la ville, il rencontra Billot. — Pensez-vous pouvoir attaquer ce soir ? lui dit-il ; et, sur la réponse négative, il déplora la jeunesse, la mauvaise qualité des troupes, offrit à nouveau de se démettre. Puis, à pied dans la neige, il avait regagné Besançon.
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P. Poullet Etude sur la partie du rapport de M. Perrot… (1878)

Ce même jour, Bourbaki assista, les yeux remplis de larmes, mais plein de résignation, et avec le sang-froid qui le caractérisait dans les circonstances extrêmes, au passage du 18e corps à travers Besançon. Il vit les soldats fatigués, découragés, glisser entre les voitures, remplir toutes les rues ; il vit au prix de quels efforts ils parvenaient à gravir les coteaux brillants de verglas comme des miroirs, derrière la ville ; il vit les chevaux s'affaisser sous les harnais et les hommes tomber sans force.
Source : Gallica

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