Résumé

Portrait de Paul Leroy-Beaulieu Paul Leroy-Beaulieu La Province pendant la guerre de 1870-71

Telle a été la cruelle destinée de la principale armée que la France ait improvisée depuis l’investissement de Paris. Nulle n’a fourni une plus rude carrière : elle a lutté pendant vingt-cinq jours en moins de deux mois, et a livré sept ou huit batailles rangées. Ce seul résultat est glorieux pour des hommes arrachés cet automne à leurs charrues ou à leurs ateliers, pour des troupes qui n’avaient d’autres officiers que de jeunes étudians sans expérience militaire, et qui n’étaient ni vêtues ni nourries et à peine armées.
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Portrait de Paul Leroy-Beaulieu Paul Leroy-Beaulieu La Province pendant la guerre de 1870-71

Par une ironie du sort, le commandement passait à Clinchamp, cet impétueux général échappé de Metz que l’armée du Rhin opposait à Bazaine, et auquel on voulait alors confier le soin de faire une trouée à travers les troupes de Frédéric-Charles, et c’est ce même officier-général qui allait signer la capitulation de 85,000 Français avec le général suisse Herzog. Une bonne fortune rare nous échut pourtant au milieu de tant de malheurs : le tiers de l’armée de Bourbaki, le 24e corps, était parvenu à regagner Lyon, après avoir perdu une partie de son artillerie.
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La responsabilité doit remonter beaucoup plus haut. Toutes les troupes du nord de la France auraient dû n’avoir qu’un chef et opérer en un seul corps d’armée. C’est à Amiens qu’il fallait défendre Rouen. Nous nous divisions contre un ennemi qui était uni, et qui nous accablait les uns après les autres. Nous avions à lutter dans le nord contre la seule armée de Manteuffel, et nous lui opposions trois ou quatre petits corps échelonnés, sans lien entre eux, qui se faisaient écraser successivement.
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