Edouard d' Eliçagaray

Résumé

Edouard d' Eliçagaray L’Homme à la longue barbe

Il y avait, il y a trente ans environ, à Bordeaux, un jeune homme issu d’une famille riche, mais non titrée, donnant le ton aux fashionables de l’époque, renommé par son adresse dans tous les exercices du corps. Personne ne maniait un cheval avec plus de grâce et ne donnait un coup d’épée avec plus de dextérité. Il n’était pas de joyeuse réunion, de partie d’honneur, dont il ne fût le coryphée ou l’arbitre. Tout ce que Bordeaux renfermait de jeunes gens à la mode, de riches fainéans, d’heureux désœuvrés, recherchait sa société et prenait sur lui modèle.
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Edouard d' Eliçagaray L’Homme à la longue barbe

À l’instant même, un gardien nommé François voulut le traiter brutalement ; le Superbe s’empare soudain d’une cruche qu’il trouve sous sa main, et l’appelant : « Valet ! » la lui brise sur la tête. Quelques personnes ont prétendu que ce n’est pas la cruche, mais la tête qui fut brisée : toujours est-il que cinq gendarmes se présentèrent pour l’arrêter et le plonger dans un cachot. Mais à leur vue, le Superbe s’élance sur l’un d’eux, lui arrache son sabre, et se met en garde au milieu du vestibule de la prison, en leur criant : « Que celui qui a du cœur m’approche ! »
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Edouard d' Eliçagaray L’Homme à la longue barbe

Une réputation de bravoure l’avait précédé à Bordeaux ; il la justifia bientôt et valut autant qu’elle. Il se déclara le champion du faible et de l’opprimé ; et comme il se lia avec les jeunes héritiers des premières familles du pays, ils purent sous son égide afficher impunément l’insolence et la fatuité.
Aussi beau que brave, on n’appelait Duclos que le Superbe. La fortune de sa mère et celle d’une dame qu’il eut pour maîtresse, lui laissant la facilité d’aller de pair avec tout ce qu’il y avait de plus riche à Bordeaux, il donna bientôt le ton à toute la ville.
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