Résumé

Portrait de Emmanuel Gonzalès Emmanuel Gonzalès L'Heure du berger, par Emmanuel Gonzalès (1866)

Je sais que je ne suis qu'un pauvre diable, sans armoiries, sans argent, sans beauté ; mais tel que je suis, je vous aime, vous qui êtes belle, vous qui avez la noblesse du talent, vous qui avez une mine d'or dans le gosier. Eh bien ! vous serez du moins forcée de m'entendre ce soir, car vous n'êtes plus dans les coulisses de l'Opéra, où ma voix ne pouvait franchir ce cercle de grands seigneurs qui mettaient leur amour banal à vos pieds.
Flora le regardait avec stupeur et restait muette, croyant faire un songe.
— On croit se moquer de moi, reprit Vaucresson, en m'appelant le Fou de la Flora!
Source : Gallica

Portrait de Emmanuel Gonzalès Emmanuel Gonzalès L'Heure du berger, par Emmanuel Gonzalès (1866)

Ce n'était plus là cet Épave noble et malheureux qu'une minute auparavant elle aimait encore. Il était lâche. Elle eut honte de mourir avec lui. Le grossier Mathurin, lui, s'il n'eût pu la sauver, eût su du moins mourir résigné, plutôt que de l'abandonner.
Et comme une femme n'aime jamais un être à qui elle ne peut attribuer une supériorité quelconque, qu'elle ne peut aimer qu'un être grandi à ses yeux par la gloire ou le martyre, le succès ou le malheur, la force ou le courage, Blanche méprisa Julien dès qu'il fut tombé de son piédestal, dès qu'il ne fut plus pour elle qu'un homme ordinaire.
Source : Gallica

Portrait de Emmanuel Gonzalès Emmanuel Gonzalès L'Heure du berger, par Emmanuel Gonzalès (1866)

Eh bien! faut-il vous dire la vérité, Julien?
— Parlez, Blanche, parlez !
— Depuis une heure nous devrions être arrivés à la crique de la Tremblade.
— Eh bien ! demanda vivement l'Épave en remarquant l'effroi peint sur les traits de la jeune fille.
— Eh bien ! la vérité que vous voulez savoir, la vérité terrible, répliqua-t-elle avec un son de voix déchirant, c'est que je ne reconnais plus ces galeries. Mais vous êtes un homme, vous, vous avez du courage, n'est-ce pas? Eh bien ! puisqu'il faut prononcer ce mot affreux, je crois que nous sommes... égarés!
Source : Gallica

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