Ernest Fontanès

Résumé

Ernest Fontanès Revue des Deux Mondes

Tous deux redoutaient cette séparation et s’exagéraient peut-être les conséquences funestes, pour la richesse et le prestige de leur patrie, de l’indépendance des colonies. Shelburne traduisait ce sentiment dans une image pleine de grandeur et qui nous paraît aujourd’hui, comme toutes les métaphores qui ont traduit un sentiment que les événemens n’ont pas confirmé, un peu emphatique : « Le jour où l’indépendance sera acceptée par notre gouvernement, le soleil de l’Angleterre se couchera, et nous se serons plus une nation puissance que l’on respecte. »
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Ernest Fontanès Revue des Deux Mondes

Tous les monopoles sont toujours justement punis. Ils tuent la concurrence et la concurrence est la condition essentielle de la prospérité du commerce ; c’est l’heure d’appliquer le principe du protestantisme aux affaires commerciales. Toute l’Europe parait prête à secouer les chaînes du monopole, fils de l’oppression et de l’ignorance. Ce principe, qui n’est ni viril ni libéral, est peu généreux et plein de déceptions. Si une nation doit être la première à rejeter le monopole, c’est bien la nation anglaise, dont l’industrie est plus développée que celle des autres peuples.
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Ernest Fontanès Revue des Deux Mondes

Shelburne était isolé et ne rencontrait de sympathies d’aucun côté. Le roi ne lui avait pas pardonné son opposition à lord Bute et lui en avait gardé ressentiment ; Grafton et Northington le dénonçaient comme un ennemi secret, et Charles Townshend parlait de lui avec le plus grand mépris.
Patriote vigilant et fier, Shelburne apportait dans ses relations avec l’étranger cette jalousie de la suprématie anglaise et cette énergie dans l’action qui avaient valu à Chatham d’être le ministre populaire que l’opinion avait réclamé plus d’une fois au moment du péril « quand les vagues étaient hautes. »
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