Résumé

F. Buloz Scènes de la vie romaine. — Le Château Saint-Ange…

Il y avait alors un singulier contraste, une lutte sourde entre les aspirations libérales d’une partie de la jeunesse romaine et la politique puérilement ombrageuse du gouvernement pontifical. Tout en faisant mes études de droit, je m’étais lié d’une amitié étroite avec quelques jeunes Romagnols au cœur ardent, à l’imagination vive. Nous avions les mêmes goûts en littérature, les mêmes tendances en politique. Pleins de l’orgueil et de la confiance que donnent la santé et la jeunesse, nous faisions notre entrée dans le monde, la tête haute, mécontens du présent, forts de l’avenir.
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F. Buloz Scènes de la vie romaine. — Le Château Saint-Ange…

Devant nous s’étendaient la province de Terracine, — plus loin le royaume de Naples et les Abruzzes, les Marches et la chaîne des Apennins, qui détachait sur le ciel sa silhouette dentelée. Rome se montrait à l’ouest, et parmi ses édifices je distinguais parfaitement l’ange en bronze qui domine le château Saint-Ange, naguère ma triste résidence. Nos yeux s’arrêtèrent longtemps sur la campagne romaine, sillonnée par le Tibre, bordée à l’ouest par les plages de Nettuno, au levant par les collines suburbaines.
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F. Buloz Scènes de la vie romaine. — Le Château Saint-Ange…

Ni le climat, ni mes soins, ni le désir de vivre ne purent triompher d’une maladie fatale. Je la vis mourir dans mes bras. Ce fut pour moi un second et plus douloureux exil. Les efforts et les fatigues qu’elle s’était volontairement imposés pour me rendre la liberté avaient été pour elle la cause d’une trop grande dépense de vie et l’avaient épuisée. Cette idée fera toujours mon supplice...
Après avoir promené quelque temps dans les diverses contrées de l’Europe ma tristesse et mon découragement, je profitai de l’amnistie prononcée par le successeur de Grégoire XVI, et je revins à Rome.
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