Firmin de Croze

Résumé

Firmin de Croze Le Drapeau tricolore (1899)

Nous avons encore une armée, et son drapeau, attristé il y a vingt-huit ans, flotte, encore et toujours, joyeux et fier.
C'est que les défaites peuvent être un enseignement pour la France : elles n'engendrent pas le découragement. Semblable à ce roi français qui, au jour d'un revers, écrivait à sa mère : « Tout est perdu, fors l'honneur », nous nous sommes dit : « L'honneur reste et notre pays a assez de vitalité, nos soldats assez de courage, pour ne plus se souvenir des malheurs qu'au jour ou ils devront être réparés. »
Source : Gallica

Firmin de Croze Le Drapeau tricolore (1899)

Bosquet tire son épée, se met à la tête de ses zouaves, de ses turcos et de ses chasseurs ; il leur montre vingt mille Russes :
— Pas un coup de fusil, dit-il ! En avant ! A la baïonnette.
Les colonnes roulent, passent rapides, comme si elles ne touchaient pas la terre et retombent sur l'ennemi qu'elles anéantissent en quelques minutes : les malheureux débris de ce corps furent précipités dans un ravin où les cadavres vinrent s'accumuler sur d'autres cadavres, par couches successives : beaucoup de ces morts portaient encore brisée dans leur poitrine la pointe d'une baïonnette.
Source : Gallica

Firmin de Croze Le Drapeau tricolore (1899)

Sous l'active direction de ce jeune héros, les soldats se sentent invincibles. Brunswick est tout près ; les Vosges seules le séparent de l'armée de Hoche. Les Français reçoivent un ordre : on lève le camp sans bruit ; les étapes sont longues, le silence est imposé. Quand la journée a été remplie par les marches, on prend à la hâte quelques heures de sommeil et l'on détale, toujours en silence, à travers la nuit.
Les vieux marchent sans se demander où ils vont; les jeunes s'étonnent ; mais déjà l'étonnement n'est plus pour eux qu'un mot vide de sens ; tous ont confiance.
Source : Gallica

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