Résumé

Fritz Berthoud La retraite de l'armée de l'Est en Suisse (1871)

La France a été la monarchie, la convention, l'empire, jamais le peuple. Le pouvoir n'a jamais représenté que son propre intérêt et sa propre volonté. Un budget colossal dévoré par une coterie, telle fut, telle est encore la France. Les nobles seuls avaient jadis droit à ce riche festin, et le mangeaient ensemble sous le bon plaisir du monarque. Aujourd'hui, grâce à la révolution, tout le monde y peut prétendre et personne ne s'en fait faute. L'ambition générale, l'idée dominante, dans toutes les classes, c'est d'avoir sa part petite ou grande de l'autorité et du trésor public.
Source : Gallica

Fritz Berthoud La retraite de l'armée de l'Est en Suisse (1871)

Les officiers n'avaient ni plus d'entrain, ni plus de zèle, Elevés sous l'empire, leur patriotisme semblait s'être évanoui avec ce régime corrupteur et corrompu. Ils ne comprenaient pas la France sans cour, sans monarque, sans orgies de Compiègne, sans revues de Satory, et le reste.
Le mot-de république, synonyme à leurs yeux de désordre, d'humiliation, de sottise, représentait, pour tout dire, le règne des avocats, des bavards, des pékins. Et se faire tuer pour ça ! fi donc ! Tous les costumes ont de terribles préjugés, et l'habit fait le moine, malgré le proverbe.
Source : Gallica

Fritz Berthoud La retraite de l'armée de l'Est en Suisse (1871)

Notre présence à Pontarlier ne pouvait être utile à rien, ni à personne, et, dans de telles circonstances, ceux qui ne servent pas nuisent. La perspective d'une course longue et pénible, loin de nous effrayer, nous plaisait ; il y a des moments où l'effort corporel est un besoin, une diversion nécessaire aux angoisses morales.
A ce point de vue le chemin de fer ne laissait rien à désirer; le sentier le plus rocailleux, la charrière la plus effondrée sont des planchers unis en comparaison.
Source : Gallica

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