Résumé

Félix Bretot Près et loin du rivage, avec illustrations… (1889)

PRÈS DU RIVAGE 31
Et faudra-t-il qu'ici, ce monarque de l'onde Se montre aussi cruel, lorsqu'au milieu des joncs, D'ordinaire il paraît si doux au pauvre monde, Admettant dans ses eaux canards, grèbes, plongeons?
Toutefois, non content d'être seul, il excite A combattre avec lui ses compagnons nombreux ; Mais par bonheur l'enfant pour la peur en est quitte; Car viennent, à ses cris, des hommes vigoureux :
Bien vite ils l'ont sauvé d'une mort très certaine, Ayant pris, dans ses mains, l'oiseau tenu captif: Ce qui pour eux n'est pas une mauvaise aubaine.
Source : Gallica

Félix Bretot Près et loin du rivage, avec illustrations… (1889)

Lorsqu'un tout jeune enfant, éloigné de sa mère, Dans leur rang, par hasard, se trouvant confondu, Sans peine en saisit un qui s'est couché par terre, De faim, de lassitude et de froid tout rendu.
Ce n'est, ni plus ni moins, qu'une grave imprudence Que l'enfant a commise en sa naïveté; Car comment pourra-t-il triompher sans défense Du Cygne dont la force égale la beauté?
Il le tient cependant, de sa main enfantine, Par son cou long, soyeux et garni de duvet; Mais ce sauvage oiseau, qui déjà se chagrine, Va-t-il d'un faible enfant demeurer le sujet?
Source : Gallica

Félix Bretot Près et loin du rivage, avec illustrations… (1889)

Comme une laine épaisse et douce, La neige est l'abri le meilleur, Car elle garde, sous sa housse, La nature dans sa vigueur. Tout un hiver d'un froid extrême, Sans la neige, que deviendrait La plante, jusqu'au cèdre même? Sans l'air et l'eau tout périrait.
O vous qui reposez tranquilles, A couvert sous votre duvet, Songez à de pauvres familles Qui n'ont pas même un mantelet. Vous goûtez le jus de la vigne, Et le pauvre n'a plus de pain. Quoi! ce dernier n'est-il pas digne D'une obole de votre main?
Source : Gallica

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