Résumé

Gustave Labarthe Le Théâtre pendant les jours du Siège et de la Commune

Comme hommage à la mémoire d’Auber, malgré les amères désillusions que rappelait la soirée fameuse, au début de la guerre, dont c’était presque l’anniversaire, on reprit la Muette. Les artistes vinrent, entre le deuxième et le troisième acte, couronner le buste d’Auber.
Ce ne fut que le 12 septembre que le Théâtre-Lyrique rouvrit ses portes pour la première représentation d’un opéra-comique bien oublié aujourd’hui, Ne touchez pas à la reine, de Boisselot.
Avec l’hiver, la saison théâtrale retrouva son intensité. Le temps jetait, peu à peu, son voile sur les tristesses et les deuils.
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Gustave Labarthe Le Théâtre pendant les jours du Siège et de la Commune

Il se souvient d’un mélodrame, les Lions de Mysore, joué vers 1830 à la Porte-Saint-Martin. Le public, au lieu de s’intéresser à la pièce, ne pensait qu’à l’exhibition des fauves et criait, dès le premier acte : « Les lions ! Les lions ! » C’était un état d’esprit d’une certaine analogie qui animait les spectateurs « gantés de blanc » de l’Opéra. La musique d’Auber, le ballet même, la grande attraction pour les snobs de l’époque, les laissaient indifférents, « La Marseillaise ! La Marseillaise ! » criait-on à chaque instant.
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Gustave Labarthe Le Théâtre pendant les jours du Siège et de la Commune

Elle ne chante pas précisément la Marseillaise, mais elle mêle d’une façon très habile le chant à la récitation, et l’effet qu’elle produit est très grand. C’était certes une entreprise hardie que de déclamer ces strophes sur le théâtre même où Rachel les avait rugies avec un accent si terrible, mais la tentative a été heureuse, et l’intelligente tragédienne a compris que si le chant était le même, l’expression devait être différente. Elle y a fait prédominer l’élan héroïque et la certitude du triomphe.
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