Résumé

Henri Lorin Revue des Deux Mondes

Il était juste de commencer par ce pays, qui est celui où l’art français a commencé, et qui fut le berceau de la plus merveilleuse des inventions françaises, de cette architecture si mal appelée gothique, qui a été pendant quatre siècles la forme des idées de toute la chrétienté. Pourquoi faut-il que la guerre, en France, se fasse presque nécessairement sur ce petit territoire où elle ne peut faire un pas sans fouler des chefs-d’œuvre, et qui devrait être sacré à l’égal de l’Attique ou de la Toscane, comme un des joyaux de la terre ?
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C’était du passé conservé, du passé lentement modifié par la vie : on n’imite pas l’œuvre des siècles. Faut-il restaurer ce que la guerre a brutalement brisé ? Peut-être vaut-il mieux laisser la ruine achever de mourir sa mort émouvante, et reconstruire franchement ailleurs et tenter du nouveau, comme on rebâtit un jeune foyer à côté du foyer éteint. La flamme peut jaillir claire encore du fond de notre vieux génie. Il serait beau que ce même sol, qui a déjà tant fait pour l’ornement du monde, poussât de ses entrailles une nouvelle étincelle.
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Mais pour les produits non spéciaux de la culture et de l’élevage, s’il est naturel que la Métropole admette à d’autres conditions que les similaires de l’étranger, les cafés, les viandes, les coprahs, la nacre de ses colonies du Pacifique, il est clair que les acheteurs seront de préférence des voisins moins éloignés que la France. Attachons-nous donc, plutôt qu’à contrarier ces relations nécessaires, à les marquer d’un caractère d’entreprises françaises, notamment par des concours, tant européens qu’indigènes, capitaux, main-d’œuvre, navigation, qui s’appuieraient sur notre Indo-Chine.
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