Henri Lorin

Élements biographiques

Henri Lorin Revue des Deux Mondes

C’était du passé conservé, du passé lentement modifié par la vie : on n’imite pas l’œuvre des siècles. Faut-il restaurer ce que la guerre a brutalement brisé ? Peut-être vaut-il mieux laisser la ruine achever de mourir sa mort émouvante, et reconstruire franchement ailleurs et tenter du nouveau, comme on rebâtit un jeune foyer à côté du foyer éteint. La flamme peut jaillir claire encore du fond de notre vieux génie. Il serait beau que ce même sol, qui a déjà tant fait pour l’ornement du monde, poussât de ses entrailles une nouvelle étincelle.
Source : Wikisource

Henri Lorin L'Afrique à l'entrée du XXe siècle… (1901)

La forêt dense accable le voyageur sous le poids d'une tristesse alanguie : le soleil perce à peine ses futaies touffues ; les grands arbres, enserrés dans l'assaut des lianes, poussent leurs troncs sans branchages très haut, jusqu'à l'air libre où ils peuvent épanouir leurs feuilles à la lumière ; le sol, spongieux et couvert de plantes en décomposition, oppose à la marche cette résistance molle, qui use les plus robustes courages ; la vie animale, insectes, oiseaux, singes, est active dans la forêt, mais silencieuse et comme frappée de mutisme par la puissance souveraine de la végétation.
Source : Gallica

Henri Lorin Revue des Deux Mondes

Il était juste de commencer par ce pays, qui est celui où l’art français a commencé, et qui fut le berceau de la plus merveilleuse des inventions françaises, de cette architecture si mal appelée gothique, qui a été pendant quatre siècles la forme des idées de toute la chrétienté. Pourquoi faut-il que la guerre, en France, se fasse presque nécessairement sur ce petit territoire où elle ne peut faire un pas sans fouler des chefs-d’œuvre, et qui devrait être sacré à l’égal de l’Attique ou de la Toscane, comme un des joyaux de la terre ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature