Résumé

Henri Malin Un collégien de Paris en 1870… (1898)

Dans le ciel, de grands nuages gris passaient, laissant apparaître par intervalles une grosse lune jaune auréolée d'un cercle brumeux. Une bise assez forte soufflait.
Le marin rentra, l'air un peu soucieux; il dit à Charles : « Il y aura du vent, là-haut; le voyage sera accidenté.
— J'espère que nous partirons quand même, fit Charles.
— Oh! à tout prix! » répondit Gardinec.
Nous nous approchâmes du poêle pour prendre une bonne provision de chaleur. Et l'on se mit à causer de la guerre, tandis qu'au loin les canons du plateau de Châtillon continuaient d'envoyer leurs obus sur Paris.
Source : Gallica

Henri Malin Un collégien de Paris en 1870… (1898)

« Laissez-moi mourir avec lui, cric-t-clle; ça vous est bien égal que je meure avec lui.
— Toinette, lui dit doucement Gaillot, retire-toi, va-t'en, laisse-moi mourir tout seul.
— Non, non; je veux mourir avec toi!.. mourir avec toi! »
Et pendant que ses doigts caleux et crochus qui ont tant travaillé s'agrippent à la blouse de son mari, elle crie à tue-tête ce mensonge sublime : « Mais j'ai fait des cartouches avec lui; j'ai été sur la barricade avec lui; j'ai tiré des coups de fusil avec lui : Tuez-moi! Tuez-moi!! Tuez-moi!!!
— Qu'elle meure donc, dit l'officier, et qu'on en finisse! »
Source : Gallica

Henri Malin Un collégien de Paris en 1870… (1898)

Alors Besnard poussa un long soupir, comme si on l'eût déchargé d'un lourd fardeau; puis il me tendit les mains et me dit : « Gridennes, je t'ai insulté, l'autre jour, pardonnemoi; c'est toi le plus courageux; j'ai eu un instant de faiblesse, de lâcheté, mais tu viens de me rendre un immense service; grâce à ta bravoure, je n'ai plus peur.
— Ni moi non plus, dit Jules Faget; pour un rien je danserais la bamboula. »
Le canon redoublait d'intensité; les balles sifflaient à nos oreilles, comme si l'air eût été sillonné de serpents invisibles en furie.
Source : Gallica

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