Jean Bonnerot

Jean Bonnerot

Résumé

Portrait de Jean Bonnerot Jean Bonnerot Les routes de France (1921)

La route la plus rapide n'est pas la plus courte, mais bien la plus longue, parce que c'est elle qui offre, au demeurant, le moins de difficultés. Que l'on voyage alors pour ses affaires ou pour son plaisir, on n'est pas harcelé par la hâte folle d'arriver; on se contente d'aller d'étape en étape, de voir, d'apprendre, et, le soir à l'hôtellerie, on note, pour mieux en fixer le souvenir, ce que
chemin taisant on a pu apercevoir : un paysage, un monument, un trait de mœurs, la silhouette d'un passant.
Source : Gallica

Portrait de Jean Bonnerot Jean Bonnerot Les routes de France (1921)

Le quadruple ruban d'acier, qui court sur son ballast sombre, luit au soleil pour mieux marquer le chemin qui emprisonne sa fuite : finies les jolies courbes enlacées au flanc des coteaux ; finies les montées merveilleuses dominant les paysages ; la route de fer n'a pas le temps de s'attarder, elle bondit droit devant elle, elle plonge dans les vallées, grimpe sur la colline et, quand la pente est trop rude, négligeant le
décor ou la lumière, se creuse un trou dans la montagne, comme une bête traquée, et s'enfonce dans la nuit pour ménager ses forces.
Source : Gallica

Portrait de Jean Bonnerot Jean Bonnerot Les routes de France (1921)

L'homme, pour se frayer son chemin, s'attaqua résolument à cette forêt d'arbres qui semblait venir vers lui pour rétrécir son horizon à chaque nouvelle pousse. Il élagua les branches, abattit les arbres qui obstruaient sa marche en avant, il arracha les pierres pour niveler le sol ; un jour l'herbe sous ses pas finit par se courber et disparaître. Peu à peu un rais de lumière s'insinua sous les voûtes, qui lentement s'infiltra: s'élargit, grandit. La vie humaine enfin pénétrait dans la forêt pour s'y installer victorieuse; la nuitvreculait devant le soleil, et lui abandonnait la place.
Source : Gallica

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