Jean-Jacques Baude

Jean-Jacques Baude

Résumé

Portrait de Jean-Jacques Baude Jean-Jacques Baude Revue des Deux Mondes

Jeter à la mer, sur un alignement tracé par des bouées, des moellons bruts, c’est au premier coup d’œil, il semble, une entreprise à la portée de tout le monde : on se détrompe à l’aspect d’un atelier tel que celui qui pendant quarante ans a rempli le port, l’arsenal et la rade de Cherbourg. Une armée de carriers démolissait les flancs de grès de la montagne du Roule, ou excavait dans la roche tertiaire du quartier de Chantereine l’avant-port et les bassins où flottent aujourd’hui des vaisseaux de cent canons.
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On peut être forcé de combler ou de démolir un port, un bassin, une fortification, mais on ne peut pas ôter du fond des eaux une jetée pratiquée pour fermer une rade aux vents ou à l’ennemi. Tous les ouvrages au-dessus de l’eau sont soumis à des révolutions imprévues, à des événemens, à des traités, à des conditions inattendues, et il n’en est pas de même des ouvrages sous l’eau : ils sont à l’abri des traités, le temps les consolide, et nul événement ne peut les enlever lorsqu’ils sont établis.
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C’étoit une des clés les plus importantes de l’état et l’une de ses bornes les mieux marquées. Cette place est tellement démolie qu’on n’y connoît plus trace de fortification vieille ni nouvelle que par les monstrueux quartiers de murailles renversées des vieilles tours de son château, que je n’ai pu voir sans mal de cœur... Suivant le dessin qui en avoit été fait, le bassin de Cherbourg auroit contenu à flot vingt-cinq à trente frégates de quarante-quatre pièces de canon, et son avant-port toute sorte de bâtimens qui auroient pu échouer.
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