Résumé

John Ninet Revue des Deux Mondes T. 12, 1875

Le fellah égyptien est une bête de somme, ni plus ni moins, et, si le coton exporté n’est plus le même, c’est implicitement la faute du vice-roi. C’est à lui, chef de l’Égypte, fermier-général de cette terre fertile et classique, qu’incombe le devoir de réformer ce qui exige impérieusement d’être réformé, de demander au sol tout ce qu’il peut donner en lui restituant ses bienfaits sous une autre forme, et en traitant les habitans comme la terre même, humainement et avec intelligence. Il faut que le pouvoir trace la route à suivre, et que chacun soit tenu de n’en pas sortir.
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John Ninet Revue des Deux Mondes T. 12, 1875

L’indigo de la Haute-Égypte, d’une teinte parfaite, est brûlé et terreux, et l’opium, tiré des mêmes provinces, du Saïd, contient plus de feuilles et de suc de laitue que de larmes de pavot ; mais, de tous les produits de ce pays prédestiné et si fertile, le coton mako ou d’Égypte est celui qui intéresse le plus l’industrie occidentale. La guerre de sécession a tellement dérangé l’assiette économique de l’offre et de la demande que la répétition très possible d’une calamité pareille ne nous trouverait pas mieux préparés.
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John Ninet Revue des Deux Mondes T. 12, 1875

En bonne agriculture, il n’en coûte pas plus de produire du bon coton que du mauvais ou du médiocre, et il est tout simplement absurde de dire, comme l’a écrit un ami assez mal inspiré du vice-roi, que « le fellah cultive la qualité qui lui tourne le mieux à compte. » Ainsi que nous l’avons expliqué, en Égypte, en dehors du gallin, une seule sorte de coton est produite, le mâko : meilleur il est, mieux il se vend. Voilà la loi et les prophètes en matière économique. Les daïras vice-royales s’efforcent de cultiver ce qu’il y a de mieux et par les meilleurs moyens possibles.
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