Joris-Karl Huysmans,
Les Soirées de Médan
“ Je me mets en quête de sœur Angèle que je trouve dans le jardin, et je lui dis, tout ému : « Ô chère sœur, je pars ; comment pourrai-je jamais m’acquitter envers vous ? » Je lui prends la main qu’elle veut retirer, et je la porte à mes lèvres. Elle devient rouge. « Adieu ! murmure-t-elle, et me menaçant du doigt, elle ajoute gaiement : soyez sage, et surtout ne faites pas de mauvaises rencontres en route ! — Oh ! ne craignez rien, ma sœur, je vous le promets ! » L’heure sonne, la porte s’ouvre, je me précipite vers la gare, je saute dans un wagon, le train s’ébranle, j’ai quitté Évreux. ”

