Résumé

Louis Rogeron Quatre mois en campagne. Souvenirs d'un Provinois du 2e régiment de marche de Seine-et-Marne… (1872)

L'avenue qui descend en ville n'est qu'un affreux cloaque dans lequel pataugent des milliers d'hommes aux uniformes bigarrés.
Nous nous présentons à la sous-préfecture : on n'y connaissait pas plus le préfet de Seine-et-Marne que le roi d'Araucanie. On nous envoya à la sousintendance militaire où, après avoir attendu plus d'une heure dans les escaliers, on nous donna une feuille de route collective, avec l'ordre de nous trouver à huit heures du soir à la gare du chemin
de fer pour y prendre un train qui doit nous emmener à Nevers, où, suppose-t-on, le préfet doit s'être replié.
Source : Gallica

Louis Rogeron Quatre mois en campagne. Souvenirs d'un Provinois du 2e régiment de marche de Seine-et-Marne… (1872)

Une chose qui surprend les étrangers qui visitent la ville, c'est de voir de fort jolies femmes faire le métier de manœuvres et servir les maçons, roulant la brouette, gâchant le mortier.
Les habitants sont loin d'être aussi patriotes que - les journaux nous le disaient. Qui de nous ne-se rappelle une phrase qui fit beaucoup de bruit alors : le Midi se soulève! Quand nous sommes arrivés à Toulouse, les mobilisés n'étaient pas encore appelés, et chaque jour, pendant nos exercices, des petits crevés et des gandins, le lorgnon à l'œil, venaient rire de notre gaucherie.
Source : Gallica

Louis Rogeron Quatre mois en campagne. Souvenirs d'un Provinois du 2e régiment de marche de Seine-et-Marne… (1872)

Pour traverser la Loire, le train ralentit sensiblement, nous pûmes apercevoir à notre aise les magnifiques quais qui bordent le fleuve, la ville, et la cathédrale dont les deux tours de dentelles s'élèvent hardiment dans l'espace.
Le cri : Les Prussiens!. les Prussiens !. vint tout-à-coup nous arracher à notre contemplation.
Par les portières nous voyons notre mécauicien en train de parlementer avec un factionnaire Bavarois.
Source : Gallica

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