Résumé

Portrait de Marius Jacob Marius Jacob Souvenirs d’un revolté

Un pauvre bougre qui, poussé par le besoin, commet un acte de révolte, en cambriolant dix francs à un riche, avec les circonstances aggravantes, est condamné aux travaux forcés, au bagne. C’est un bandit. À l’un les plaisirs, la richesse et le pouvoir. À l’autre la souffrance, la misère et l’infamie. Bien plus. L’honnête homme peut-être nommé juré et envoyer au bagne le bandit. Quelle belle justice ! Ô égalité des égalités !
— Mais voyons ; il faut des lois pourtant, m’interrompit M. Callet qui n’avait encore rien dit jusque là. Sans lois il n’y a pas de société possible.
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Portrait de Marius Jacob Marius Jacob Souvenirs d’un revolté

La pauvre bête ! Et la Société protectrice des animaux tolère ces choses-là ? Lui demandai-je, indigné.
L’arrivée de Poil de Carotte m’empêcha d’obtenir une réponse. Il venait procéder à mon interrogatoire d’identité.
La physionomie, ses manières, sa démarche, le son de sa voix, tout cela mêlé à l’arrogance de ses questions pissait tellement le bon gendarme, c’est-à-dire une bonne brute, que je me plus à le mystifier.
Rien qu’à voir son faciès de chien happeur on comprenait un de ces fidèles serviteurs pour qui toute l’existence se résume dans ce mot : la consigne.
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Portrait de Marius Jacob Marius Jacob Souvenirs d’un revolté

En voyant tous ces wagons chargés de riches voyageurs – qui étaient peut-être des actionnaires de la Compagnie – courir sur les rubans d’acier à une allure vertigineuse, et qu’un grain de sable pour ainsi dire pouvait réduire en miettes, je pensai au garde-sémaphore dont les paroles me résonnaient encore aux oreilles : « J’aurai une retraite... je suis honnête, moi, je travaille. »
C’est alors que je compris toute la puissance morale de ce préjugé. Se croire honnête parce qu’on est esclave ! C’est alors que je compris aussi la force de ce frein contre la révolte : l’espoir d’une retraite.
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