Noël Amaudru

Résumé

Noël Amaudru L'homme aux lunettes d'or (1888)

Effectivement, tous les gros étaient là, ficelés comme des porcs, le maire, le percepteur, le chef des rats-de-cave et l'unique aristocrate du pays, un pauvre vieux gâteux, sec comme une ronce, qui criait toujours à Gradelet le boucher, avec son fausset enfantin : « Mes bons amis, mes bons amis, nous ne nous comprenons pas, un malentendu nous sépare.
Vive la Révolution ! »
— On t'en foutra de la Révolution ! répondait invariablement Gradelet en le bourrant de coups de crosse.
— En prison les otages, tonna M. Tuvache. Où est le concierge de la mairie ? Père Cyrille !
Source : Gallica

Noël Amaudru L'homme aux lunettes d'or (1888)

Le matin du 1er décembre, Courchinoux arriva plus tôt que de coutume. Il était d'une gaieté étourdissante et fredonnait, en mâchant une fleur, le refrain célèbre :
« la jeunesse n'a qu'un temps. »
Son col droit était inflexible et immaculé. Il marcha au comptoir avec une noble assurance. Le père Tachon souriait. Il avait aligné dans son livre de caisse un tas de petits papiers avec l'en-tête obligé
Restaurant de la Méduse, Maison Pierron, Tachon successeur, noircis de chiffres au recto et au verso.
Source : Gallica

Noël Amaudru L'homme aux lunettes d'or (1888)

Les déchirures de ses vêtements et le pantalon à soupape provoquèrent une gaieté folle.
- Pas de fond dans le pantalon ! hurlait le loustic, en simulant la danse du poteau.
Toute la chambrée éclata de rire à ce calembour grossier. Le comble eût été de fâcher tout de bon le martyr, de l'amener à se rebiffer, afin qu'on pût l'écraser sans crainte. Deux ou trois fois seulement un éclair avait lui dans son œil morne de chien battu.
Ignace avait peut-être désiré avoir sous la main une arme pour étendre à ses pieds un de ses bourreaux.
Source : Gallica

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