Noël Amaudru

Élements biographiques

Noël Amaudru,  L'homme aux lunettes d'or (1888)

“ Effectivement, tous les gros étaient là, ficelés comme des porcs, le maire, le percepteur, le chef des rats-de-cave et l'unique aristocrate du pays, un pauvre vieux gâteux, sec comme une ronce, qui criait toujours à Gradelet le boucher, avec son fausset enfantin : « Mes bons amis, mes bons amis, nous ne nous comprenons pas, un malentendu nous sépare.
Vive la Révolution ! »
— On t'en foutra de la Révolution ! répondait invariablement Gradelet en le bourrant de coups de crosse.
— En prison les otages, tonna M. Tuvache. Où est le concierge de la mairie ? Père Cyrille !
”
Source : Gallica

Noël Amaudru,  Un martyr (épisode de l'année terrible… (1877)

“ Si ardent que soit son amour pour sa mère, plus fort encore est le sentiment qui l'a poussé à prendre un fusil.
Quelle admirable chose que la jeunesse, quand on lui a mis au cœur le culte de la justice et du dévouement!
Age d'or de la vie, où l'on est naturellement généreux, où l'on est extrême dans la vertu aussi bien que dans le vice, où la reconnaissance de la vérité implique l'obligation de s'immoler pour en assurer le triomphe, où, comme on l'a dit si éloquemment à la tribune française, « on pense uniquement à la clarté du cœur, ce grand flambeau de l'intelligence. »
”
Source : Gallica

Noël Amaudru,  Sultane française au Maroc (1906)

“ Aussi bien , l' Algérie venait de s' ouvrir à l' influence française ; elle apparaissait aux déshérités de la nation , dans le mirage d' une rapide conquête , comme une terre promise , un Eldorado . Le tisserand de Châtelay résolut de s' expatrier , de quitter les horizons connus du Val d' Amour et les champs ingrats où il peinait sans espoir . Il alla s' établir à Dely-Ibrahim , près de Bouffarik . Aussi bien , rien ne le rattachait plus au village . Il n' avait même plus , à la lettre , une pierre où reposer sa tête :
sa maison venait d' être dévorée par un incendie .
”
Source : Gallica

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