Résumé

Pagan Mémoires d'un prisonnier en Russie… (1843)

Je le questionnai et ce fut lui qui m'apprit que les pauvres prisonniers vendaient leurs vêtements et mouraient ensuite de froid. Et toi, lui dis-je, comment te trouvestu? — Bien mal, capitaine. —Tu as de l'argent?— Oui, en arrivant, j'avais encore six doubles vieux louis de France; mais vous savez qu'avec cette monnaie on ne peut avoir un petit pain d'un sou. Je le savais ; je n'ignorais pas non plus que les officiers russes changeaient l'or de France, faisant perdre moitié ; pour quarante francs ils en donnaient vingt, pour vingt ils en donnaient dix, monnaie du pays et jamais plus.
Source : Gallica

Pagan Mémoires d'un prisonnier en Russie… (1843)

Dans ce pays sauvage et ignorant, avec de l'or et de l'argent de France, on pouvait mourir de faim ; car, pour une pièce de quarante francs, pas plus que pour une de cinq, vous n'eussiez obtenu un petit pain d'un pétaque: ainsi, comme je l'ai fait observer, celui qui avait été assez heureux pour sauver cent fr., ne pouvait en retirer, en monnaie russe, qu'une valeur de cinquante; ce qui, au reste, valait encore mieux que de mourir de faim.
Source : Gallica

Pagan Mémoires d'un prisonnier en Russie… (1843)

Je trouvai mon pauvre cuirassier dans une espèce de grange où le jour pénétrait de toutes parts, couché à terre avec beaucoup d'autres, par un froid des plus horribles! Aucun ne pouvait calmer sa soif autrement qu'avec de la neige, et pas une miette de pain! puis, pour achever l'horreur de la position de ces hommes, ceux qui avaient conservé quelques vêtements passables les vendaient pour un morceau de pain, et gelaient dans la nuit. La vue d'une misère si cruelle m'ôta toute idée de lui faire des reproches. Je l'abordai en lui disant gaiement : On m'a dit que tu avais retrouvé mes billets?
Source : Gallica

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