Louis-François L'Héritier, Aventures d'un marin de la Garde impériale… (1833)
“ Je sentais assez que je vivais, et que la vie, à vingt-quatre ans, est un bien qu'on doit ménager, conserver et ne risquer qu'à bon escient; d'ailleurs on est toujours économe du pécule qu'on a amassé sou à sou, à force de sueurs et de privations. C'était là tout-à-fait mon histoire : tous mes jours à la file les uns des autres formaient une masse de huit mois de souffrances; je les avais disputés à la gelée, aux coups de lance, au feu homicide des bivouacs, aux paysans russes, aux juifs, au sommeil, à la faim. ”
