Résumé

Louise Fusil L'incendie de Moscou, la petite orpheline de Wilna… (1817)

Lorsque M. le maréchal me prit avec lui, il me rendit un bien grand service , car alors je
comptais ma vie pour si peu de chose , que j'aurais été trop heureuse de la perdre. Je passai le trop fameux pont de la Bérésina une heure avant le désastre ; il fut horrible. Cette petite rivière était tellement encombrée de morts , que l'on passait à cheval et même à pied par-dessus. Ce qui a péri d'hommes , de femmes , d'enfans, de chevaux, est incalculable. Les militaires, le sabre à la main , renversaient tout pour se faire un passage.
Source : Gallica

Louise Fusil L'incendie de Moscou, la petite orpheline de Wilna… (1817)

M. le maréchal , le meilleur des hommes, après avoir beaucoup ri de mon aventure, me donna trois cents roubles : « Servez-vous toujours de cela , me dit-il, nous verrons. » Le prince G*** m'en donna deux cents , et je revins toute contente apprendre cette bonne fortune à nos amis. Je m'occupai de la toilette de ma petite Nadegda (ce nom signifie destinée en russe) ; je la fis bien jolie pour la présenter à M. le maréchal. Une jolie figure intéresse davantage, c'est une des faiblesses humaines ; beureux lorsqu'on peut la faire tourner au profit de l'innocence ou de la vertu malheureuse !
Source : Gallica

Louise Fusil L'incendie de Moscou, la petite orpheline de Wilna… (1817)

Rien n'eût été plus plaisant ( si la circonstance n'avait pas été aussi triste ) que de voir un vieux grenadier, avec ses moustaches et son bonnet, couvert d'une pelisse de satin rose. Les malheureux se garantissaient du froid comme ils le pouvaient ; mais ils riaient souvent eux-mêmes de cette bizarre mascarade.
Cela me rappelle une histoire assez drôle : un colonel de la garde avait arrêté ma voiture f parce
qu'il faisait faire halte à son régiment.
Source : Gallica

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