Résumé

Paul Guiraud L’Évolution du travail dans la Grèce ancienne

L’Etat s’ingéniait, en un mot, pour les mettre à l’abri du besoin, et, comme l’homme ne travaille guère pour son plaisir, comme il ne s’y résout que sous l’empire de la nécessite, tous les allégemens apportés à leurs charges étaient pour eux autant d’invitations à la nonchalance. Ce qui augmentait encore leur aversion pour le travail manuel, c’est que rien ne distinguait leur labeur du labeur de l’esclave. Si puissant que fût dans la démocratie athénienne l’esprit d’égalité, il n’allait pas jusqu’à confondre l’esclave et le citoyen.
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Paul Guiraud L’Évolution du travail dans la Grèce ancienne

Ces mœurs laborieuses sont bien celles qui caractérisent partout le régime patriarcal. Chacun y envisage le travail comme une nécessité qu’il faut subir et dont nul ne se plaint. C’est avec une sorte d’entrain joyeux qu’on se plie à cette obligation, et il n’en coûte rien à un individu, quel qu’il soit, d’accomplir la tâche qui lui est dévolue. Si, parmi les membres de la famille, il en est un qui répugne au travail, il n’a qu’à s’éloigner. On est si peu porté alors à mépriser le travail que le poète y assujettit même les dieux.
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Paul Guiraud L’Évolution du travail dans la Grèce ancienne

Son action s’exerça à cet égard dans un sens tout autre que celle de l’aristocratie. Ce que l’aristocratie avait rabaissé et méprisé, elle le rehaussa et l’ennoblit. La première s’était contentée de jouir de sa richesse en laissant à ses subordonnés le soin de la créer ; la seconde créa la sienne en appliquant son activité personnelle à des procédés jusque-là peu usités. Si le régime oligarchique avait duré, la Grèce serait demeurée une contrée pauvre, repliée sur elle-même, et réduite aux ressources d’une agriculture qui n’était pas toujours bien rémunératrice.
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