Paul Lutel

Résumé

Paul Lutel La légende de Champagne (1891)

Il revoit les débris du vase fracassé.
L'insolente francisque objet de sa colère.
Il s'en saisit, l'arrache et la lançant à terre, Suit des yeux le soldat qui pour la ressaisir S'est courbé. —
Trahison ! le roi sans l'avertir, Qu'après un an d'attente il lui faut sa vengeance, Qu'il va punir de mort son ancienne arrogance, Et sans révéler rien du redoutable arrêt, Clovis, le roi bourreau, fléchissant le jarret, Fait jaillir de son cœur la haine qui s'y cache, Et, soulevant dans l'air sa formidable hache, L'abat en partageant son homme en deux tronçons.
Source : Gallica

Paul Lutel La légende de Champagne (1891)

Sur la trace des Goths, Huns, Gépides, Vandales, Tous les pillards du nord, au poil roux, au front bas, Arrivent au galop de leurs maigres cavales, Avides du butin conquis dans les combats.
Le Nord pousse en hurlant la terrible avalanche Du pays des Germains croulant au pays franc.
César tremble dans Rome; et la Gaule se penche.
La Gaule est comme un fleuve où s'écoule du sang.
Mais les peuples sont las des fureurs de l'Asie, Et le franc Mérovée agitant son drapeau, Au cœur des rois voisins verse la frénésie Et crie aux quatre vents : sus au commun fléau !
Source : Gallica

Paul Lutel La légende de Champagne (1891)

Les Croisades ! efforts de nos naïfs aïeux; Union du grand cœur des nobles et des gueux.
Et ton nom, Jeanne d'Arc ! tout seul une épopée Parmi ces noms fameux brille sur cette épée.
Terrible à Malplaquet et vainqueur à Denain, Naguère, on vit, encor, ce glaive, avec dédain, Tenant tête à l'Europe au cœur de la Champagne, Creuser pour la Russie et la vieille Allemagne Des tronçons de sa lame un immense tombeau.
Bien pire que la guerre il existe un fléau Qui, bien plus qu'elle encore, humilie et dépeuple : C'est l'envahissement d'un peuple chez un peuple.
Source : Gallica

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