Résumé

Pierre Khorat En Colonne au Maroc - Impression d’un témoin

Le convoi se reforme en bon ordre après avoir franchi une dernière fois l’oued Bou-Fekran sur un beau pont en pierre, et les troupes arpentent d’un pas léger la piste qui traverse le pays des Guerouans et va longer le versant occidental du Djebel Zerhoun. Pendant une heure encore, les forêts d’oliviers, les jardins fruitiers qui font à Meknès une verte ceinture célèbre dans tout le Maroc, vont reposer les yeux fatigués par la réverbération du soleil sur la route blanche ; puis le paysage reprend son aspect habituel d’espaces infinis sur un plateau faiblement ondulé.
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Pierre Khorat En Colonne au Maroc - Impression d’un témoin

Vers la fin du jour, alors que les traînards, de plus en plus nombreux, se laissaient dépasser par leurs camarades et s’égrenaient entre l’arrière-garde et le détachement de spahis qui fermait la marche, quelques Zemmours sortent de la forêt et viennent, à moins d’un kilomètre de nos derniers cavaliers, montrer de belliqueuses intentions. En même temps, sur la lisière sombre, apparaissent de nombreux groupes ennemis qui semblent prêts à profiter de l’obscurité naissante pour tenter une fructueuse opération contre le convoi. Comme par enchantement, la vigueur renaît dans les jambes lassées.
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Pierre Khorat En Colonne au Maroc - Impression d’un témoin

Dans la journée, l’artillerie avait tiré environ 250 coups de canon ; et l’ébranlement des couches atmosphériques dans l’étroite vallée où la colonne avait combattu suffisait pour expliquer le phénomène.
Mais l’orage s’est apaisé. La lune brille maintenant dans un ciel sans nuages, les troupes dorment d’un sommeil lourd. Seuls, les sentinelles et les petits postes, qui veillent en grelottant dans la fraîcheur de la nuit, attendent une attaque improbable de l’ennemi.
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