Résumé

Pierre Labarthe Voyage au Sénégal pendant les années 1784 et 1785

Le fort même du Cachao ne tiendrait pas vis-à-vis une frégate qui oserait s’embosser dans la rivière pour le foudroyer. Dans cet état de faiblesse, tout ce qui était Portugais d’extraction fut abruti ; quinze mille Portugais métifs, mulâtres et noirs sont répandus dans ce pays immense, conservant dans leur misère l’orgueil national et le goût pour la paresse. Ils n’ont tiré aucune ressource de l’agriculture ; leur plus grande occupation est d’être les courtiers du commerce que les autres nations européennes viennent faire dans ces contrées où ils avaient dominé autrefois.
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Pierre Labarthe Voyage au Sénégal pendant les années 1784 et 1785

Tous les Européens que nous rencontrâmes, s’accordèrent à dire que la rivière de Junko était le seul endroit de la côte où l’on se procurerait facilement des bœufs, des cabris et des poules. Nous fîmes route pour cette terre promise, en rangeant la côte à une lieue de distance, nous arrêtant à tout ce qui avait l’apparence d’une chaumière. Nous mouillâmes enfin le 9 mars au matin, vis-à-vis la rivière de Junko : les pirogues ne tardèrent pas à venir à bord ; les nègres nous firent toutes sortes de promesses pour le lendemain.
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Pierre Labarthe Voyage au Sénégal pendant les années 1784 et 1785

D’après les avantages résultants de la position de cette île, il semblerait que si on la fortifiait et qu’on l’approvisionnât avec exactitude ; si un ou deux vaisseaux de guerre croisaient dans ses parages et protégeaient nos bâtiments de commerce ; si nos armateurs assortissaient nos magasins de marchandises agréables aux naturels du pays, et que les qualités en fussent bonnes ; s’ils confiaient leurs cargaisons à des gens expérimentés et honnêtes
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