Résumé

Quelques Extraits du carnet d'un garçon de charrue (1883)

Je revois Strasbourg incendié, Metz livré, St Cloud en cendres, et Bazeilles en ruines.
J'entends le canon, le galop des escadrons ; je marche ; je m'arrête ; j'écoute ; je cours ; je m'embusque ; je suis soldat; je campe dans les neiges ; je combats pour ma patrie ; je suis blessé, captif, je reviens de Coblentz ; je m'exile ; je me repose sur la borne du chemin ; cette borne m'est disputée ; les sanglots m'étouffent ; je me réveille ; je suis malheureux.
Mon accablement est extrême.
Dans ma solitude, j'appelle souvent ceux qui sont là-bas vers l'Est, et toi cher ami
Source : Gallica

Quelques Extraits du carnet d'un garçon de charrue (1883)

Mais tes enfants, ô France ! sont nobles au nombre de cent moins un. Pour un misérable, tu comptes quatre-vingt-dixneuf êtres admirables, et ils disent : Celui qui parmi nous gémit dans l'exil n'a point la tète d'un Germain, mais celle d'un frère ; son regard est fier, et son port majestueux ; il regarde en face, et son front est beau.
Son malheur est immense. La Lorraine était sa richesse, ses intérêts, tout ce qu'il avait de plus cher ; il l'a quittée, et la France est restée sa patrie et sa consolation.
Source : Gallica

Quelques Extraits du carnet d'un garçon de charrue (1883)

Adieu, mère ! adieu, ô toi qui m'as tant aimé !
Les lois de la guerre sont cruelles pour le vaincu ; pourquoi donc a-t-il fallu m'arracher de tes bras pour l'exil, pour la solitude qui est un tombeau? Mais un jour, peut-être, te reverrai-je !
L'Allemand a dit : « La force prime le droit, » et il va, brisant les familles. Pour éviter son joug, pour fuir le déshonneur, le jeune homme s'arrache aux étreintes de ceux qu'il soutenait, et le Germain n'a point d'entrailles pour la douleur de l'un et les pleurs des autres !
Source : Gallica

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