Résumé

Un Russe ou Eléonore, histoire tirée de la révolution de 1789 (1831)

La faim est une chose épouvantable ! Se levant, joignant les mains , tournant les yeux vers le ciel, il s'écria : oh ! mon Dieu ! y a-t-il un supplice plus cruel qu'une faim prolongée ! Hélas , dit-il, en se laissant tomber sur sa chaise, je l'ai éprouvée cette faim; et je ne dois peut-être quelques vertus qu'à mes malheurs.
Cette exclamation nous fit frissonner, le comte et moi : nous regardâmes en silence le curé; il se leva , et malgré nos efforts pour le retenir, disparut, en nous conseillant d'être toujours charitables.
Source : Gallica

Un Russe ou Eléonore, histoire tirée de la révolution de 1789 (1831)

Vous ne me croyez pas assez simple pour conter sur votre discrétion ; ni assez sot pour ne pas tirer une vengeance digne de vos dédains. Vous auriez été moins difficile avec votre ami Fautrel ; car ne croyez pas que j'aie cru un mot de la belle histoire que vous fîtes pour ne point partager son supplice, comme ses plaisirs.
Le monstre, le scélérat, criâmes-nous ensemble, le comte et moi. Nemorin qui contait que ses services seraient estimés du père d'Eléonore en raison des dangers qu'elle avait courus, avait sur les lèvres une sorte de sourire qui choqua le comte.
Source : Gallica

Un Russe ou Eléonore, histoire tirée de la révolution de 1789 (1831)

Où est votre mari à présent? — La veuve: Ah ! monsieur, il n'est plus ; il a été tué en Italie. — Anonime : Il combattait nos ennemis ; c'est beau de mourir ainsi! Vous êtes-vous battu quelquefois, monsieur ? — Le Russe: Trop souvent, mon petit ami. Je vis distinctement tomber deux grosses larmes de ses yeux, et une tristesse invincible altéra tous ses traits tant que nous restâmes dans la maison, quelque effort qu'il fît pour sourire de temps en temps aux saillies du petit garçon.
Source : Gallica

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