Résumé

Portrait de Émile Vandervelde Émile Vandervelde Les Crimes de la colonisation capitaliste

Messieurs, je vous le demande à tous, car, je le disais en commençant, il ne s’agit pas ici d’une question de parti, mais d’une question d’humanité ; y a-t-il dans cette Chambre, y a-t-il en Belgique un seul homme qui ose prendre la défense du système des otages, des sentinelles, des expéditions punitives, et dire qu’il est bien, qu’il est juste, qu’il est nécessaire que, quand on incendie un village, quand on massacre ses habitants, l’on frappe à la fois les innocents et les coupables, en laissant à Dieu le soin de reconnaître les siens ?
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Cette situation est d’autant plus grave, je le répète, que la prospérité factice et temporaire de l’État indépendant au Congo dépend exclusivement du système d’oppression que subissent les indigènes.
Or, messieurs, ce système doit disparaître ; il est condamné à disparaître. Dès l’instant où son existence est connue, il est frappé de mort. La seule question qui se pose aujourd’hui est la question de savoir d’où viendra la réforme. Sera-t-elle faite par l’État Indépendant du Congo lui-même ou par l’intervention des puissances ou enfin par l’initiative de la Belgique ?
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Mais les prestations de vivres, la corvée du portage, l’impôt des arachides, ne sont, en somme, que l’accessoire de cette vaste « machine à finance » qui s’appelle l’État du Congo. Ce qui est l’essentiel, ce qui donne à l’État des ressources, aux concessionnaires de l’Abir et de la Mongala, au domaine de la Couronne des bénéfices qui ont été toujours croissant, c’est le travail du caoutchouc.
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