“ Buondelmonte, ah! m'y voici! le comte de Buondelmonte eut le pouvoir d'attendrir ce coeur rebelle. Lady Mowbray fixa à Florence ses affections et sa vie. Le comte de Buondelmonte fut son premier et son seul amant sur la joyeuse terre d'Italie. Maintenant que je vous ai raconté cette histoire telle qu'on me l'a donnée, dites-moi, vous qui êtes de Florence, si elle est vraie de tout point... Et cependant, si elle ne l'est pas, ne me dites pas que'c'est un conte fait à plaisir; il est trop beau pour que je sois désabusé sans regret! ”
Buondelmonte
Définition et enjeux
Citations sur “Buondelmonte”
George Sand,
Oeuvres de George Sand. Mauprat…
(1861)
“ Aussi belle que vraie, répéta Buondelmonte. Le cœur de lady Mowbray la soutint encore quelque temps après cette terrible scène. Le postillon, à demi-mort de peur, s’était tapi dans un fossé, les chevaux effrayés avaient rompu leurs traits ; le seul domestique qui accompagnât les voyageurs était blessé et évanoui. Buondelmonte et sa compagne furent obligés de réparer ce désordre en toute hâte, car à tout instant d’autres bandits, attirés par le bruit du combat, pouvaient fondre sur eux, comme cela arrive souvent. ”
Giovanni Fiorentino, Revue des Deux Mondes
“ La vérité est que ce Buondelmonte qui loge en face, m’a plusieurs fois priée de vous faire un message de sa part, et que je n’ai jamais osé vous en dire un mot. — Eh bien ! que t’a dit ce maudit homme ? — Il m’a dit de vous dire qu’il n’y avait pas une personne au monde à laquelle il voulût tant de bien qu’à vous ; qu’il n’y a pas de chose qu’il ne fît pour vous, tant l’amour qu’il vous porte est grand, et qu’il attend de votre bon plaisir que vous le preniez pour votre plus fidèle serviteur, parce qu’il n’y a que vous à qui il veuille obéir. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand. Mauprat…
(1861)
“ Les manières cordiales et franches de Buondelmonte ne se démentirent point. Seulement, comme le jeune étranger, tout en se hâtant, donnait des soins minutieux à sa toilette, le comte ne put réprimer un sourire qu’Olivier saisit au fond de la glace devant laquelle il nouait sa cravate. — Si nous faisons une guerre d’embûches, pensa-t-il, c’est fort bien ; avançons. ”
Giovanni Fiorentino, Revue des Deux Mondes
“ Je vais pour un moment là-haut et je reviens à l’instant. — Va et reviens vite, dit la dame. Buondelmonte partit, ferma la porte de la chambre derrière lui, monta à ses appartemens, se déshabilla, se mit au lit auprès de sa femme et laissa Nicolossa toute seule. Comme elle attendait le retour de Buondelmonte, qui cependant ne rentrait pas, la peur commença à s’emparer d’elle, d’autant plus que l’histoire du bain lui revint à l’esprit. — Il n’y a pas de doute, dit-elle à part soi, il veut se venger. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand. Mauprat…
“ Le comte de Buondelmonte savait bien que c’étaient autant de calomnies ; mais il s’en affectait peut-être plus sincèrement que d’une vérité qui serait restée secrète. Il avait été trop heureux, trop envié depuis dix ans, pour que les jouissances de la vanité, qui sont les plus durables de toutes, n’eussent pas fait pâlir celles de l’amour. L’attachement et la fidélité de la plus belle et de la plus aimable des femmes avaient-ils développé en lui un immense orgueil, ou l’avaient-ils seulement nourri ? Je n’en sais rien. Toutes les personnes que je connais ont eu vingt ans ”
Giovanni Fiorentino, Revue des Deux Mondes
“ Cependant il y avait une dame mariée à un Acciaioli, laquelle était bien la jeune beauté la plus fière qu’il y eût dans Florence. Elle avait nom Nicolossa, et un jeune Buondelmonte en était devenu éperdument amoureux. La dame ne pouvait faire un pas dans sa chambre, que le jeune homme ne l’épiât d’une de ses fenêtres, qui faisaient face à celles de sa voisine. Aussi arriva-t-il plus d’une fois qu’il la vit nue sortant de son lit pendant l’été. Buondelmonte étant plein d’amour pour cette dame, et se trouvant être ennemi juré de son mari, il ne savait que faire. ”
Giovanni Fiorentino, Revue des Deux Mondes
“ Un grand drap garnissait l’intérieur de la baignoire autour de laquelle régnait un rideau qui servait à conserver la chaleur de l’eau. Après que Buondelmonte fut entré dans le bain, la dame lui dit : « Maintenant je vais ne déshabiller, et je reviens. » Mais Nicolossa, après avoir rassemblé tous les vêtemens de Buondelmonte jusqu’à ses bottines, et les avoir placés dans une armoire qu’elle ferma à clef, éteignit la lumière, se jeta sur son lit et se mit à crier de toutes ses forces : Au secours ! au secours ! ”
George Sand,
Nouvelles
(1861)
“ Je crois, mon cher Olivier, que vous vous êtes trompé alors, et qu’en me voyant vieillir chaque jour vous serez bientôt désabusé. Quant à moi, je vous dirai la vérité. J’ai essayé de partager tous vos sentiments ; je l’ai résolu, je vous l’ai presque promis. Je ne devais plus rien à Buondelmonte, et je me devais à moi-même de le laisser disposer de son avenir. J’ai quitté Florence dans l’espoir de me guérir de ce cruel amour et d’en ressentir un plus jeune et plus enivrant avec vous. ”
George Sand,
Nouvelles
(1861)
“ Le comte de Buondelmonte, revenant d’un voyage de quelques journées aux environs de Florence, fut versé par la maladresse de son postillon et tomba, sans se faire aucun mal, dans un fossé de plusieurs pieds de profondeur, La chaise de poste fut brisée, et le comte allait être forcé de gagner à pied le plus prochain relais, lorsqu’une calèche de voyage, qui avait changé de chevaux peu après lui à la poste précédente vint à passer. Les postillons des deux voitures entamèrent un dialogue d’exclamations qui aurait pu durer longtemps encore sans remédier à rien, si le voyageur de la calèche, ayant jeté un regard sur le comte, n’eût proposé le dénoûment naturel à ces sortes d’accidents : ”
Giovanni Fiorentino, Revue des Deux Mondes
“ Là ils se mêlèrent aux groupes d’hommes qui parlaient des affaires publiques. Dès que Buondelmonte vit son compagnon bien engagé dans la conversation, il courut chez lui, entra dans la chambre, tira les vêtemens de la dame hors de la cassette, la fit rhabiller, puis fit signe à la servante de venir chercher sa maîtresse pour l’accompagner chez elle. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand. Mauprat…
(1861)
“ Pendant le même temps, lady Mowbray et Olivier quittèrent Venise sans avoir appris qu’ils avaient heurte la gondole du comte de Buondelmonte, et qu’ils le laissaient entre deux médecins, dont l’un le traitait pour une gastrite, et l’autre pour une affection cérébrale. ”
George Sand,
Nouvelles
(1861)
“ Eh bien, de tout mon cœur. Je suis amoureux de lady Mowbray. — Bien ! dit le comte en lui tendant la main dans un accès de gaieté sympathique ; très-bien ! — Est-ce la première fois qu’un homme serait devenu amoureux d’une femme sans l’avoir vue ? — Non, parbleu ! dit Buondelmonte. J’ai lu plus de trente romans, j’ai vu plus de vingt pièces de théâtre qui commençaient ainsi ; et croyez-moi, la vie ressemble plus souvent à un roman qu’un roman ne ressemble à la vie. ”
Giovanni Fiorentino, Revue des Deux Mondes
“ La servante, sans perdre de temps, sortit de la maison, fit signe à Buondelmonte, et lui dit : — Voici le fait, elle ne veut pas entendre parler de vous ? — Eh ! ne t’étonne pas de tout ceci ; les femmes en agissent toujours ainsi dans le premier moment. Mais fais en sorte, à la première bonne occasion, et quand elle sera bien disposée, de lui redire que je deviens fou d’amour pour elle ; va, va, et je te promets de te faire porter une plus belle robe que celle que tu as. ”
Paul Drouilhet de Sigalas, De l'Art en Italie : Dante Alighieri et la Divine Comédie (1852)
“ Parmi les familles de Florence, les deux plus puissantes étaient celles des Buondelmonti et des Uberti (1) ; les Amidei et lesDonati venaient immédiatement après. Une dame de la famille des Donati, veuve et riche, avait une fille de la plus grande beauté. Elle avait projeté en elle-même de la marier à Messer Buondelmonte, jeune cavalier, chef de la famille de ce nom. ”
Dante Alighieri,
La Divine Comédie
“ Buondelmonte de’ Buondelmonti, engagé par sa parole à épouser une jeune fille de cette maison, y ayant manqué pour se marier à une Donati, fut tué en trahison par les Amideï, ce qui engendra dans Florence les sanglantes divisions des Guelfes et des Gibelins. ”
Louis Étienne, Les Historiens modernes de la république florentine - Adolphus Trollope et Emiliani-Giudici
“ L’auteur de l’injure ayant été assassiné, les Buondelmonti changèrent de parti, et passèrent du côté de leurs ennemis pour combattre leurs amis de la veille. La ville entière se partagea en deux camps, et en voilà pour des siècles. ”
Charles Malo, Aventures extraordinaires de Buonaparte… (1814)
“ Buonaparte, précédé de sa conscience, en a franchi à peine le seuil qu'elle se referme sur eux. Qui pourrait jamais décrire l'émotion terrible que le Corse ressentit en pénétrant dans ces lieux ! Non , la révolution, épouvantable que lui firent dans le château et les menaces du fantôme, et l'aspect du gouffre enflammé , ne se peut comparer encore au sentiment indéfinissable d'horreur qui s'empara de lui. En effet, qu'on se figure un homme placé entre sa conscience et une multitude innombrable d'ombres effrayantes et hideuses qu'il reconnaît comme autant de victimes de sa férocité ! ”
Various, L'Illustration, No. 0038, 18 Novembre 1843
“ Il était assis, la tête inclinée, les mains croisées sur ses genoux. Aux rides précoces de son front, à ses joues pâles et amaigries, à ses yeux enfoncés dans leur orbite, chacun aurait pu dire: «Pour cet homme, penser c'est souffrir;» mais sa douleur n'était point du découragement, on pouvait y entrevoir une espérance ou peut-être un souvenir.Buonvicino ne reconnut point d'abord le jeune page. Sa livrée, sa barbe et l'altération de ses traits le déguisaient même aux yeux d'un ami de son enfance. Dès qu'Alpinolo se nomma, le moine n'hésita point à le reconnaître. ”
Le P. Piuma, Récit historique de la campagne de Buonaparte en Italie dans les années 1796 et 1797… (1808)
“ Ce. n'est pas qu'il ne les loue' quelquefois, et même souvent, de leur intrépidité ; mais c'est parce qu'en les louant, il se loue encore plus lui-même; puisque cette intrépidité de ses ennemis donne un plus grand éclat à ses victoires. Nous répondrons aussi que, chez ce héros d'un genre tout nouveau, la basse jalousie est encore plus enracinée que la frénétique ambition. Nous ne finirons pas cet article, sans parler d'un épisode que Buonaparte a inséré dans son récit du combat de Dego. ”
Anatole de Coëtlogon, Buonaparte (1852)
“ MONSIEUR arrive seul, sans soldats, sans appui, inconnu aux Français auxquels il se montre. A peine a-t-il prononcé son nom, que le peuple tombe à ses genoux ; on baise respectueusement son habit, on embrasse ses genoux; on lui crie, en répandant des torrents de larmes : « Nous ne vous apportons que nos coeurs ; Buonaparte ne « nous a laissé que cela! » A cette manière de quitter la France, à cette façon d'y rentrer, connaissez d'un côté l'usurpateur, de l'autre le princelégitime. ”
Various, L'Illustration, No. 0038, 18 Novembre 1843
“ Et le moine continua: «O prince, vous tenez dans les fers Francesco Pusterla et Marguerite...--Eh quoi! tout ce sermon aboutit à cette péroraison. Dès qu'il s'agit d'une belle femme, c'est ainsi, mon révérend, que vous prenez, les chose à cœur?»Ces paroles allèrent jusqu'au fond de l'âme de Buonvicino. Il examina rapidement en lui-même si ses anciennes amours n'avaient pas trop de part dans sa conduite présente. Il lui parut que non, mais il se dit dans son cœur: «Que ce reproche soit en expiation de mes erreurs passées.» ”
Anatole de Coëtlogon, Buonaparte (1852)
“ Celui-là est maître de tout, et se sert pour réussir de moyens immenses; celui-ci n'est maître de rien, et n'a entre les mains que les plus faibles ressources : il est aisé de reconnaître aux premiers traits et le caractère et la mission du dévastateur de la France. Buonaparte est un faux grand homme : la magnanimité, qui fait les héros et les véritables rois, lui manque. De là vient qu'on ne cite pas de lui un seul de ces mots qui annoncent Alexandre et César, Henri IV et Louis XIV. La nature le forma sans entrailles. Sa tête assez vaste est l'empire des ténèbres et de la confusion. ”
Various, L'Illustration, No. 0036, 4 Novembre 1843
“ «Mon père, je ferai tout mon possible;» et il se chargea de cette mission de confiance avec d'autant plus de loyauté, qu'il voyait que Buonvicino jouissait d'une plus grande estime.Ils s'avancèrent donc par la Valgane avec une file de mulets, et après quelques détours se trouvèrent enfin dans le val Travaglia. Mais au moment où ils étaient engagés le plus avant dans ces gorges, ils se virent attaqués par une bande d'hommes avinés, qui d'abord firent craindre à Pusterla pour sa vie et celle de son fils; rassemblant les muletiers, il se préparait à se défendre. ”
Le paysan soldat : épisode de la Révolution et du Consulat (1853)
“ Notre armée, diminuée de douze ou quinze mille hommes par le canon ou la maladie, n'était plus en état de tenir tête à une armée toute fraîche. Buonaparte écrivait : « Je suis malade, je puis à peine me tenir à cheval ; il ne me reste que du courage ; on nous compte; le prestige de nos forces disparaît. Des troupes., ou l'Italie est perdue.» Par un coup hardi, et de son propre chef, il venait d'établir les provinces de Modène et de Reggio, et les villes de Bologne et de Ferrare en république, sous le nom de République Cispadane ”
Anatole de Coëtlogon, Buonaparte (1852)
“ VOILA COMME vous ÊTES, vous AUTRES FRANÇAIS. Dans un discours, il a parlé de l'Italie comme de sa patrie, et de la France comme de sa conquête. Si Buonaparte est Français, il faut dire nécessairement que Toussaint Louverture l'était autant et plus que lui : car enfin il était né dans une vieille colonie française et sous les lois françaises ; la liberté qu'il avait reçue lui avait rendu les droits du sujet et du citoyen. Et un étranger, élevé par la charité de nos rois, occupe le trône de nos rois, et brûle de répandre leur sang ! ”
Charles Malo, Napoléoniana, ou Recueil d'anecdotes… (1814)
“ LE Ciel avait accordé à Buonaparte une grande habileté militaire , mais sans éclat de bravoure personnelle ; une activité prodigieuse, mais sans but ; une volonté indomptable, mais sans discernement. Ni les faveurs les plus inouies de la fortune , ni les plus terribles leçons du malheur, ni les conseils d'hommes éclairés qui voulaient lui montrer la véritable gloire , ni le dévoûment de tous ses guerriers, rien ne pouvait adoucir le caractère du soldat corse, rectifier son esprit faux, élever son âme corrompue. ”
Charles Malo, Aventures extraordinaires de Buonaparte… (1814)
“ Ose donc les appeler. Tu le ferais en vain ; il n'en est pas un qui ne rougisse même de t'avoir appartenu. Mais je te quitte... Adieu , nous nous reverrons bientôt ; c'est dans le silence des nuits, au moment où, fatigue des scènes monstrueuses du jour, ton esprit croira reposer en paix, que je viendrai t'arracher des bras du sommeil, et venger ainsi l'univers des torrens de larmes que tu lui as fait répandre. En disant ces mots , semblable à une vapeur légère , elle disparut en laissant, comme on peut le penser, Buonaparte très-surpris de sa visite. ”
Le P. Piuma, Récit historique de la campagne de Buonaparte en Italie dans les années 1796 et 1797… (1808)
“ Buonaparté, abondonné à lui-même, a dirigé seul, de Bayonne, la guerre injuste qu'il fait à l'Espagne, et les résultats de ses entreprises ont dû prouver que ce n'est pas à son génie, comme ses admirateurs voudroient le persuader, qu'il doit les succès sur lesquels repose la réputation qu'on lui a faite. ”
Paschal Grousset,
Les Origines d'une dynastie. Le Coup d'État de brumaire an VIII, étude historique…
(1869)
“ « Buonaparte a mis depuis, moins de temps à soumettre toute l'Italie qu'il n'en a employé à réclamer vainement justice auprès du Comité de salut public, et il a eu meilleur marché du roi de Sardaigne, du duc de Modène, -de l'infant de Parme, du grand-duc de Toscane, du roi de Naples et du pape, que d'Aubry. »j Doulcet de Pontécoulant, dit de son côté : « On le rencontrait frappant à toutes les portes.2 » Cet acharnement à solliciter est par lui-même assez ridicule. ”
Le P. Piuma, Récit historique de la campagne de Buonaparte en Italie dans les années 1796 et 1797… (1808)
“ Buonaparté perdit des hommes en quantité; et c'est une chose connue, que l'Adige fut, pendant long-temps, couvert de cadavres François, et, pendant plusieurs mois, les habitans du Véronois ne voulurent pas manger du poisson de l'Adige. Buonaparté pouvoit se consoler de cette perte ; lui, qui, dès son entrée dans la carrière militaire, s'est accoutumé à compter pour rien la vie des hommes qu'il commande ”
Le paysan soldat : épisode de la Révolution et du Consulat (1853)
“ Après quoi, Buonaparte se mit en mouvement vers l'Autriche par les Alpes Juliennes. Il avait reçu un renfort de près de trente mille hommes de l'armée du Rhin et de Sambre-et-Meuse : la division Delmas et la division Bernadotte. C'étaient tous de vieux soldats, braves, aguerris, endurcis aux privations et à la fatigue; car, tandis que nous jouissions de l'abondance en Italie, eux continuaient à vivre dans le plus affreux dénuement. ”
