Mme Duchesne

Définition et enjeux

J. Laurent Mémoires de M. Laurent-Duchesne… (1866)

Mais si Madame Duchesne tenait passer pour faire des cadeaux, en revanche elle aimait aussi beaucoup à en recevoir. Elle avait un moyen infaillible pour obtenir de sa fille ce qu'elle voulait, c'était de lui donner raison contre tous ceux qui étaient, n'importe à quel titre, l'objet de son ressentiment; car il fallait toujours à Madame Laurent ce qu'on appelle vulgairement une bête noire, tantôt son mari, tantôt un maître, tantôt une bonne, tout en ayant l'air de se présenter elle-même comme victime de l'injustice d'autrui.
Source : Gallica

J. Laurent Mémoires de M. Laurent-Duchesne… (1866)

Madame Duchesne ellemême, dans son langage souvent trivial, et parfois pittoresque, n'at-elle pas répété souvent, en parlant de son mari : « Le père est si faible pour sa fille que, si elle lui disait de se jeter par la fenêtre, il s'y jeterait. » Donc M. Duchesne, réellement convaincu, quoique à tort, des malheurs de sa fille, a pu facilement faire passer sa conviction dans l'âme de son ami, et de celui-ci dans l'esprit de bien d'autres personnages qui n'ont envisagé l'affaire qu'avec des idées préconçues.
Source : Gallica

J. Laurent Mémoires de M. Laurent-Duchesne… (1866)

Il entendit même, sans le vouloir, une censure amère que M. Duchesne, Madame Laurent et Elise faisaient, à haute et intelligible voix, de son oncle et de sa sœur. La droiture de son cœur en fut froissée. Il revint tout triste au réfectoire, où l'attendait son souper ; mais il put à peine manger. La cuisinière, habituée à lui voir bon appétit, lui demanda ce qu'il avait. « Je n'ai rien, » dit-il d'abord. Comme elle insistait : «Eh bien! c'est ce que j'ai entendu là-bas qui m'a fait de la peine. » Et il indiqua du doigt la salle à manger. La cuisinière n'en sut pas davantage.
Source : Gallica

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