“ Chez les Grecs, elle est chantée par tout le peuple, et chez nous par le prêtre seul. IV. Or, il faut remarquer que cette oraison surpasse toutes les autres pour quatre raisons, à savoir : par l’autorité de celui qui nous l’a enseignée, qui est Jésus-Christ ; par la concision des paroles ; par la suffisance des demandes, et par la fécondité des mystères. Par l’autorité de celui qui nous l’a enseignée, parce qu’elle fut prononcée par la bouche du Sauveur lui-même, apprenant à prier à ses apôtres, et c’est pour cela qu’elle est appelée Oraison dominicale. ”
Oraison dominicale
Définition et enjeux
Citations sur “Oraison dominicale”
Histoire, Dogmes, Traditions et Liturgie de l’Église arménienne orientale…
“ Pendant que les clercs chantent l’Oraison dominicale, et que le diacre encense, du haut de l’estrade où s’élève l’autel, les clercs et les assistants, le prêtre dit à voix basse : Seigneur des Seigneurs, Dieu des Dieux, Roi éternel et créateur de tous les êtres, Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ne nous induisez pas dans la tentation, mais délivrez-nous du mal et sauvez-nous des embûches du démon. ”
Louis Bourdaloue,
Chefs-d'oeuvre oratoires de Fléchier…
(1853)
“ On préfère l'oraison extraordinaire à l'oraison commune; c'est le second abus que je combats; car il est évident, chrétiens, que l'oraison la plus commune est celle dont le fils de Dieu nous a lui-même prescrit la forme, et que nous appelons pour cela oraison dominicale, et il est d'ailleurs de la foi que cette oraison que nous avons reçue du Seigneur même, quoique la plus commune et la plus simple, est celle qui nous doit être plus vénérable, et à laquelle, préférablement à toute autre, nous devons nous attacher: pourquoi? ”
François-Timoléon Bègue Clavel, Histoire pittoresque des religions… (1844-1845)
“ L'oraison dominicale, ou le Pater noster, est une prière que Jésus, dit-on, a composée et laissée à ses disciples. Les prières de quarante heures sont les plus solennelles de toutes ; elles ont pour but principal d'apaiser la colère du ciel, et sont précédées et suivies d'une procession. Les vêpres se chantent le soir, les jours de fêtes et les dimanches. L'Angélus a pour objet de solliciter la protection spéciale de la vierge. Le Benedicite est l'oraison que l'on dit avant le repas ”
Ambroise Paccory, Manuel du catéchiste, et du maître d'école (1708, 1710)
“ Si les personnes les plus mûres et les plus intelligentes ont tant de peine à conserver le recueillement, quand elles récitent le chapelet, quel fruit des enfans en tireront-ils, avec l’évaporation naturelle à leur âge ? L’oraison dominicale renferme tout ce que nous devons demander à Dieu ; qui en doute ? Mais est-ce donc à force de répéter les mêmes choses que le cœur s’enflamme dans la priere, ou qu’au moins on se soutient dans l’application que l’on doit avoir à Dieu quand on le prie ? ”
“ « Il est impossible que la multitude ne soit pas exaucée. » On dit aussi tout haut le commencement de l’oraison, pour inviter à prier les fidèles qui assistent à l’office. Or, on dit l’oraison dominicale pour obtenir la vie spirituelle de l’ame ; c’est pour cela qu’à la fin on ajoute immédiatement : Vivet anima mea et laudabit te, « Mon ame vivra et te louera, etc., etc. » Suivent ces mots : Erravi sicut ovis quæ, par lesquels on se confesse ; car celui qui ne confesse pas ses péchés ne peut vivre en Dieu. ”
Augustin d’Hippone,
''Œuvres complètes de Saint Augustin''
“ Après avoir exposé pourquoi on enseignait le symbole avant l’oraison dominicale, saint Augustin rappelle qu’il y a deux écueils à éviter dans la prière : il est des êtres qu’il ne faut pas prier et il est des choses qu’il ne faut pas demander dans la prière. C’est surtout pour régler nos désirs que le Sauveur nous a enseigné l’oraison dominicale. ”
Manuel du pèlerinage rémois à Lourdes… (1908)
“ Je renonce dès à présent au péché, surtout de celui où j'ai la faiblesse de retomber si souvent ; et, si vous daignez m'accorder votre grâce, ainsi que je la demande et que je l'espère, je tâcherai de remplir fidèlement mes devoirs, et rien ne sera capable de m'arrêter quand il s'agira de vous servir. Ainsi soit-il. L'Oraison Dominicale Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié ; que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour ”
Michel de Montaigne,
Essais/édition Michaud, 1907
“ L’Église a certainement toujours qualité pour multiplier et diversifier les prières suivant ceux de nos besoins auxquels elle veut les appliquer, et je sais bien que l’esprit et le fond en sont toujours les mêmes ; mais l’oraison dominicale est la prière par excellence, elle dit incontestablement tout ce qui est à dire, convient à toutes les circonstances dans lesquelles nous pouvons nous trouver et, par suite, justifierait le privilège que continuellement le peuple l’ait sur les lèvres. ”
André Mouravieff, Lettres à un ami sur l’office divin de l’Église catholique orthodoxe d’Orient
“ Une autre préparation plus réelle encore, c’est l’oraison dominicale, la plus efficace de toutes les prières, enseignée par le Seigneur lui-même : Notre Père etc. — Elle est entonnée par le chœur, pour qu’elle puisse retentir dans toute l’église : le pontife y joint une prière secrète, à laquelle tous les fidèles participent en inclinant la tête. Enfin, après l’invitation du diacre : « Soyons attentifs », paroles qui excitent le recueillement, le sanctuaire se dérobe à nos regards par un rideau, pour la communion de ceux qui célèbrent l’office ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Les priviléges des fideles étoient de participer à l’Eucharistie ; d’assister à toutes les prieres de l’Eglise ; de réciter l’oraison dominicale, qu’on appelloit par cette raison l’oraison des fideles, εὐχὴ πιστῶν ”
Pierre-Joseph Proudhon,
De la justice dans la Révolution et dans l’Église
“ Pater noster !... Hélas ! à l’exception de quelques privilégiés de la science, c’est tout ce que le peuple sait de ses droits et de ses devoirs. Après le Décalogue et l’Oraison Dominicale, néant. Trente-quatre lignes en trente-quatre siècles ! Dites-moi donc, Monseigneur, à quoi servent les sacerdoces ? Prise au sens littéral, comme fait l’Église, l’Oraison Dominicale n’est qu’un tissu d’idées niaises, contradictoires, immorales même et impies. On peut en extraire une douzaine d’hérésies, condamnées par le saint-siége ”
Colloque Marie dans la liturgie de l'Église, Marie dans la liturgie : actualité de "Marialis cultus"… (2012)
“ À travers le Pater, nous nous reconnaissons aussi tous enfants d'un même Père, ce que souligne, et le pro- 32 Elles se développent d'abord autour des moniales de saint Thomas sur Kill. 33 JEAN-PAUL II, Rosarium Virginis Mariae, n° 32. nom « nous », et le nom de Père. Enfin, la dénomination « oraison dominicale » introduit le lien entre le Rosaire et la liturgie eucharistique, en particulier dominicale. C'est comme un appel. Une doxologie termine ces litanies, et il faudrait mettre en valeur puisqu'elle est « le point d'arrivée de la contemplation chrétienne34 ». ”
Jean-Baptiste Thibaut, L'ancienne liturgie gallicane, son origine et sa formation en Provence… (1929)
“ La meilleure preuve à invoquer pour rendre raison de l'absence du Pater dans la messe romaine avant saint Grégoire, c'est que, dans toutes les liturgies qui ne comportent pas la récitation de l'Oraison dominicale, cette omission entraine, par le fait, celle de la bénédiction `épiscopale qui en est le couronnement. ”
Théodore Boulangé, Histoire de saint François de Sales… (1847)
“ Tous les dimanches, il sera dit une messe en l'Oratoire, par un prêtre qui soit confrère, tel qu'il plaira au prieur de députer : et tous les autres confrères seront tenus d'y assister (s'il se peut) , et lâcheront d'aider et accompagner le célébrant par leurs prières. Tous et un chacun des confrères seront obligés dé réciter tous les jours cinq fois l'Oraison Dominicale, et cinq fois la Salutation Angélique de la même façon ”
Stéphane Guesdon, L'abbé de Fontenay, vicaire général et supérieur du grand-séminaire de Séez (1891)
“ Quand tous les peuples du monde, quand le ciel tout entier formeraient un saint concert de louanges pendant toute l'éternité, ce ne serait rien auprès d'un seul des soupirs de Notre Seigneur. Qu'est-ce que mon oraison auprès de celle de Jésus ? ”
Adolphe Perraud,
L'Oratoire de France au XVIIe et au XIXe siècle…
(1865)
“ Si vous vous sentez envahi par cette funeste tiédeur, si l'esprit de prière devient languissant et menace de s'éteindre, vous le rallumerez dans l'universalité de la charité de Jésus-Christ. Prêtre, vous vous direz que de votre oraison peut dépendre le salut d'une âme ou le salut d'un peuple; qu'il s'agit d'arracher telle âme à une tentation et telle autre au désespoir ”
Alain Dumoulin, Vie de Mgr Joseph-Marie Graveran… (1870)
“ La profession de foi politique la plus solennelle comme la plus belle prière pour le roi, est celle qui se fait à la messe, lorsqu'on y chante le Domine salvum fac et que toute l'église retentit de ce chant répété par le clergé et par tous les fidèles. Quelle petitesse donc de venir nous demander d'y ajouter une oraison particulière prononcée par le prêtre seul, d'une voix plus ou moins élevée, et presque à l'insu des assistants ! ”
Vie de M. de Quériolet, conseiller au Parlement de Rennes… (1867)
“ Dieu, deviennent eux-mêmes une excellente oraison ; nous rapporterons cependant ce que nous pouvons appeler les prodiges d'oraison que fit cet homme de prières. Ces prodiges serviront à confondre notre lâcheté, et seront pour nous comme un aiguillon qui nous excitera à la pratique fréquente de la prière. Ah !* si tous les ministres du Seigneur étaient des hommes d'oraison, comme celui dont nous écrivons la vie, ils auraient bien plus d'action sur les âmes, et ils changeraient la face de la terre. ”
Adolphe Perraud,
L'Oratoire de France au XVIIe et au XIXe siècle…
(1865)
“ Cet examen que l'on doit faire le matin à l'issue de l'oraison, est une prévoyance de l'âme sur la journée, afin de voir comme elle la pourra mieux passer que les autres, apportant ainsi de jour en jour quelque amendement à sa vie. (Règlements.) S'il est une action dans laquelle le prêtre doive s'unir à Jésus-Christ, c'est le saint sacrifice de la messe. ”
Amand-Joseph Fava,
Oraison funèbre de Mgr Pierre-Anastase Pichenot…
(1880)
“ Dans ces pages pleines de doctrine, d'onction, toutes brûlantes de l'amour de Dieu, de son Christ, de sa Mère, de l'Église, du Souverain Pontife et des âmes, on sent un cœur qui vivait intimément avec son Dieu, dans l'oraison. Disons-le, s'il a été le chantre de l'Eucharistie, c'est parce qu'il en était l'adorateur assidu ; s'il sut imprimer à ses paroissiens, à la ville et au diocèse de Sens, l'amour de la prière et de l'adoration du Saint-Sacrement, c'est parce qu'il aimait lui-même la prière et l'autel ”
Louis Paquelin, Vie et souvenirs de Madame de Cossé Brissac… (1876)
“ Persuadez-vous bien que ce ne sont pas les belles pensées, illustrations, élans du cœur, consolations sensibles, qui sont la marque d'une bonne oraison. Il ne faut jamais se troubler de ses impuissances, mais s'en humilier; alors le profit sera grand pour l'âme. De toutes les pauvretés celle-là est la plus pénible à supporter ; regardez alors Notre-Seigneur au jardin des Olives, et modelez votre oraison sur la sienne. Un bon fiai répété pendant sa demi-heure d'oraison, voilà une oraison de victime : c'est celle qui est le plus capable d'attirer sur les âmes des grâces de conversion. ”
Grigorii Petrovitch Chouvalov, Ma conversion et ma vocation (3e édition précédée d'une introduction… (1901)
“ Mais enfin, et sans trop attendre, je pense, vous monterez à l'autel. Alors sur cette terre, vous n'aurez à prétendre qu'aux travaux du zèle et aux oeuvres apostoliques. Vous serez un instrument utile dans les mains de Dieu, si vous lui demeurez uni par l'oraison et la familiarité intime des exercices spirituels. Là est notre vie et notre force. Le religieux pense, agit, parle, respire par l'oraison : c'est aussi son refuge et son abri, et le repos dans toutes les fatigues. ”
Anne-Séraphine Boulier, Annales du Monastère de la Visitation de Dijon… (1854)
“ Mais, pour accomplir cette obligation, il faut quo l'ame s'applique à l'oraison dès le commencement de sa vie religieuse et qu'elle persévère dans cette application, quoi qu'il puisse lui en coûter de soupirs, de larmes, de rebuts et de morts, faisant souvent cette prière adressée par les apôtres à leur divin Maître : Seigneur, enseignez-nous à prier. La prudence exige que l'on suive d'abord dans la méditation la pratique ordinaire des regards de foi, qui font naître dans le cœur les saints désirs et la divine affection. ”
“ Or, la dernière oraison est la bénédiction que le Seigneur donne à ses ouvriers. Les oraisons finales sont imitées des Actes des apôtres, qui, quand ils se séparaient, se mettaient à genoux et priaient. Le prêtre sur le point de dire l’oraison salue le peuple, en disant : Dominus vobiscum, pour l’exciter à prier afin que son oraison soit agréable à Dieu et que Dieu répande sur lui sa grâce. L’oraison terminée, il prie de nouveau, en disant : Dominus vobiscum, ce dont nous parlerons au chapitre de Prime. ”
Apollinaire Odon, L'abbé Paul Hareux, premier vicaire de Saint-Jacques d'Amiens… (1896)
“ L'adoration est pour le prêtre un des plus puissants moyens pour conserver la grâce de son sacerdoce, telle qu'il la reçue le jour de son ordination. A chaque adoration, en effet, il va puiser à sa source toutes les grandes vertus qui font du prêtre un autre Jésus- Christ. Nous ne sommes prêtres que par notre participation au sacerdoce de Notre- Seigneur ; plus nous nous approchons de ce divin Maître, plus nous sommes prêtres. Or, peut-on s'en approcher de plus près, après la messe et la communion, que par l'adoration, qui est la continuation de ces deux grands mystères de notre religion ? ”
Évagre le Pontique,
Traité de la prière
“ Ils jouaient à la paume avec lui, le lançant en l’air et le recevant sur une natte ; mais ils ne purent jamais détacher son esprit de sa fervente oraison. 112. Un autre ami de Dieu assidu à l’oraison marchait dans le désert. Deux anges survinrent qui se plaçant à ses côtés faisaient route avec lui. Mais il ne fit aucune attention à eux, afin de ne pas perdre le bien suprême. Il se souvenait du mot de l’Apôtre : ni les anges, ni les principautés, ni les puissances ne pourront nous séparer de la charité du Christ [19] . 113. Par la vraie oraison le moine devient semblable aux anges. ”
Louis Besson,
Panégyrique du vénérable de La Salle…
(1875)
“ Ils font oraison, ils récitent soir et matin plusieurs litanies, ils lis ent l'Imitation de Jésus-Christ; ils ne sortent, même pour leurs promenades, que le chapelet à la main. Ils fréquentent chaque semaine les tribunaux qui justifient ceux qui s'accusent, et vont s'asseoir à la table sainte avec un désir toujours plus ardent de la sainte communion. ”
Théodore Poindron, Le saint prêtre peint par lui-même ou Vie de M. Louis-Léonard Gobaille… (1881)
“ Si je fais bien mon oraison, et si par elle je m'identifie bien avec Notre-Seigneur, tout le reste ira parfaitement. L'esprit de Notre-Seigneur m'éclairera en tout, me guidera, me soutiendra, me consolera, donnera vie et onction à mes paroles, en chaire, au saint Tribunal, dans les conversations. Ce qui a nui jusqu'ici à mes oraisons, c'a été d'abord le défaut de préparation sérieuse. Ante orationem prœpara anirnàm tuam, et noli esse quasi homo qui tentat Deum. C'est lui demander un miracle sans nécessité. ”
Vie de la soeur Marie de Saint-Pierre de la Sainte-Famille… (1879)
“ Quelquefois je me sens intérieurement portée à faire l'oraison en union avec Notre- Seigneur s'offrant à son divin Père pour sa gloire et le salut des âmes ; alors je me sens recueillie dans le sacré Cœur de Jésus : je trouve dans ce grand sacrifice une ample matière d'oraison ; ainsi revêtue de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je m'approche plus facilement de son divin Père, et, me voyant riche de ses divins mérites, je ne crains pas de demander à Dieu de grandes grâces pour la sainte Église et le salut de beaucoup d'âmes ”
Adolphe Perraud,
L'Oratoire de France au XVIIe et au XIXe siècle…
(1865)
“ Le prêtre de l'Oratoire, en particulier, n'ajoute rien aux obligations communes il tout le sacerdoce, et s'il s'impose la pratique fervente et assidue de l'obéissance, de la mortification et des autres conseils évangéliques, c'est au nom de cette consécration totale de l'homme à Jésus-Christ qui fait toute l'essence du sacerdoce. En un mot, le fond de la vie oratorienne, c'est un appel sans cesse renouvelé à la bonne volonté et au don spontané de soi-même, pour réaliser dans leur perfection toutes les vertus dont le prêtre doit être le modèle. ”
Denis Boulay, Le bienheureux Jean Eudes, instituteur de la Congrégation de Jésus et de Marie et de l'Ordre de… (1909)
“ Adoration, louange, glorification, action de grâces, amour, donation et offrande jusqu'à l'immolation, prière jaillissent ainsi tour à tour : suaves et brulantes effusions d'une âme qui se fond devant les merveilles offertes à ses regards. Voilà par quels exercices notre saint apôtre assura, dès le début de sa Société, l'avenir de la dévotion qu'il avait mission d'instituer ; en sorte que la Congrégation de Jésus et Marie fut la première de toutes les sociétés religieuses à s'abriter sous l'égide de ces Cœurs divins. ”
