Auguste Boucher, Récits de l'invasion : journal d'un bourgeois d'Orléans pendant l'occupation prussienne (1871)
“ Le sac vide et pendant sur le dos, ils accourent, allègres et rapaccs, hier pillés par l'ennemi, aujourd'hui pillards de ses morts et des nôtres. Voilà les grands'gardes. Du coin d'un bois sortent quelques chasseurs, mouillés par la pluie qui tombe, couverts de boue, avec cet air sauvage que donne la guerre au moment où on la fait, l'œil étincelant de joie et de curiosité. Ils ne savent qu'une chose : c'est qu'on a vaincu. Nous leur apprenons qu'Orléans est libre. A mesure que nous leur parlons de leur succès, leur victoire grandit à leurs yeux. ”
