Charles-Marie Laurent, De Paris à Dantzig : récit d'un prisonnier (1871)
“ Puisse la compagnie d'Orléans m'en être reconnaissante ! Lorsque nous eûmes passé deux nuits dans la gare d'Orléans, on nous fit partir pour Pithiviers, au nombre d'un millier d'hommes, sous l'escorte des Bavarois. Cette première étape était de douze lieues. Nous marchions depuis dix heures déjà sur une route détrempée par la neige et par la glace : beaucoup n'en pouvaient plus. Il faisait nuit; la fatigue plongeait notre troupe dans le plus profond silence : on n'entendait guère que les plaintes des écloppés. ”
