Marie Delorme

Élements biographiques

Marie Delorme,  Les Filles du clown (Rita)...… (1911)

“ Comme Rita, après avoir bouché soigneusement la bouteille garnie d'osier la remettait en place, Dorothée, la tirant par le manteau, lui dit tout bas avec un cri d'effroi : — Écoute! quelqu'un nous suit!
Rita, retenant son haleine, prêta l'oreille. On entendait en effet un bruit de pas, cadencé et régulier, celui du trot d'un cheval : il n'y avait pas à s'y méprendre.
— Entends-tu, Rita? Entends-tu? dis!
— Oui, j'entends. C'est un cavalier, ou même deux.
— C'est la roulotte ! dit l'enfant épouvantée, c'est l'oncle Margasse! il va nous tuer!.
”
Source : Gallica

Marie Delorme,  Yves Kerhélo

“ M. Émile Gerbier, un jour que le jeune garçon lui expliquait sa théorie, et, comme preuves à l’appui, lui montrait un petit revolver qu’il avait acheté avec le produit de ses gains, avait froncé le sourcil.
— Prends garde à toi, Yves, avait-il dit, tu es sur une mauvaise voie ; elle va en pente rapide, on ne peut pas toujours s’y arrêter, et quand on glisse, on tombe si bas qu’on se casse le cou. Tu dis que tu es assez fort pour te retenir à temps, tu n’en es pas sûr. Quand la fièvre du jeu vous saisit, elle vous affole, on n’est plus maître de soi.
”
Source : Gutenberg

Marie Delorme,  Les Filles du clown (Rita)...… (1911)

“ Rita tressaillit; quelque chose dans le timbre, dans l'accent, lui rappelait Agnese et Riccio.
Une Italienne, tenant dans ses bras un pauvre marmot bronzé déjà par les intempéries, lui tendait une main maigre et brune. La fièvre avait creusé l'orbite de ses yeux d'un noir sombre et tracé autour un large cercle bistré.
— Oh ! Rita, qu'elle a l'air malade ! dit Dorothée avec angoisse. Donne-lui quelque chose pour qu'elle puisse souper et coucher à l'abri cette nuit.
— Mais, ma chérie, nous aussi nous sommes pauvres et nous n'avons pas trop d'argent.
”
Source : Gallica

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