Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand

Résumé

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand L'abbé Deguerry, curé de la Madeleine (1871)

L'abbé Deguerry prit pour sujet de son discours l'homme de Dieu, c'est-à dire le prêtre, celui qui dit la parole de l'Apôtre : « Ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi », celui qui doit enseigner la nuit, le jour, à toute heure, immoler son temps, sa santé, son repos sans relâche, sans trêve, pour arriver à la sanctification des âmes; celui qui ne garde rien de l'argent qu'il reçoit, et possède comme ne possédant point; celui dont l'existence entière est une vie de dévouement et de sacrifice.
Source : Gallica

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand L'abbé Deguerry, curé de la Madeleine (1871)

Comme la belle parole du curé de la Madeleine savait trouver le chemin même du cœur le plus endurci! Comme elle parvenait à troubler,
dans la quiétude d'un égoïsme impitoyable et d'une insensibilité cruelle, l'homme qui, « pourvu qu'il rie, qu'il joue, qu'il s'amuse, qu'il soit bien vêtu, bien nourri, bien logé, bien voituré, ne veut pas savoir s'il y a des existences qui manquent de tout, qui pleurent, qui se lamentent, que la nudité couvre, que la maladie consume, que le travail épuise, qui s'étiolent dans un réduit humide, qui meurent lentement sous la dent de la faimi ! »
Source : Gallica

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand L'abbé Deguerry, curé de la Madeleine (1871)

C'est pour cela que l'abbé Deguerry voulait qu'on parlât à cette dame des larmes qu'il versait.
Ah! ce n'étaient point là des larmes de faiblesse ou de frayeur, c'étaient des larmes de reconnaissance et d'affection, larmes saintes qui changent le chagrin en une sorte d'extase, et joignent à la souffrance un secret enthousiasme ; larmes qui sont le sang de l'âme, la sueur de l'angoisse, mais qui sont aussi la rosée féconde nécessaire pour faire fructiver la vertu.
Source : Gallica

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