Résumé

Auguste de Montaigu Démêlés du Comte de Montaigu

Tous ceux qui me virent entrer, ma gondole avec la livrée de l’ambassadeur furent frappés. Venise n’avait jamais vu pareille chose. J’entre, je me fais annoncer sous le nom d’una signora maschera. Sitôt que je fus introduit, j’ôte mon masque et je me nomme. Le sénateur pâlit et reste stupéfait : « Monsieur, lui dis-je en vénitien, c’est à regret que j’importune Votre Excellence de ma visite ; mais vous avez à votre théâtre de Saint-Luc un homme nommé Véronèse qui est engagé au service du roi et qu’on vous a fait demander inutilement : je viens le réclamer au nom de Sa Majesté. »
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Auguste de Montaigu Démêlés du Comte de Montaigu

À Venise, où l’on n’aimait ni la France ni les Français [5] , l’opinion générale entraînait les esprits vers l’Autriche. Le Sénat était en immense majorité inféodé à la politique de cette puissance : plusieurs de ses membres poussaient l’attachement jusqu’au fanatisme : tels Capello [6] , ambassadeur à Londres ; Erizzo [7] , ambassadeur à Vienne ; Tron, ambassadeur à Versailles. Cette affection n’était fondée que sur leurs craintes. Dans une pareille situation, ajoute Jean-Jacques, la seule tâche politique de l’ambassadeur était d’engager les Vénitiens à la neutralité.
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Auguste de Montaigu Démêlés du Comte de Montaigu

Or, tout ceci est inexact : la caisse dont il s’agit n’est nullement celle dont Rousseau fait mention ; elle fut expédiée pour une série d’emplettes, à laquelle Rousseau fait allusion dans une lettre écrite par lui à la comtesse de Montaigu, et conservée dans les archives de la famille : « J’envoie à un ami un mémoire assez considérable de plusieurs emplettes à faire à Paris pour moi et pour mes amis de Venise. Son Excellence m’a promis, Madame, de vous prier de vouloir bien recevoir le tout et l’envoyer sur le même vaisseau et sous les mêmes passeports que votre équipage [2] . »
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