Auteur :Georges Goyau

Résumé

Auteur :Georges Goyau Revue des Deux Mondes

« Le fleuve des largesses, déclarait-il, a trop longtemps coulé vers l’Eglise. Nous en changerons le cours ; et il coulera un jour, j’en ai la conviction profonde, vers l’instituteur, vers l’école laïque. » Les applaudissemens de cet auditoire scolaire dépassaient les murs de la salle ; ils se répercutaient au loin, encourageans et flatteurs, à l’adresse des candidats ou des députés dont le vote, en appauvrissant l’Église, enrichirait les instituteurs eux-mêmes. « Il y a des abîmes, leur criait M. Carnaud, entre ce que vous êtes aujourd’hui et ce que vous serez demain. »
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Auteur :Georges Goyau Revue des Deux Mondes

L’esprit d’aigreur fer mente ; les plaintes s’accentuent en menaces ; les mécontentemens s’épanchent en colères. Une question sociale, qui est à proprement parler une question de salaire, a fait son apparition dans le monde des instituteurs ; elle insurge un certain nombre d’entre eux contre les pouvoirs publics ; et l’antagonisme se dessine entre l’école primaire et l’Etat bourgeois.
Voilà vingt ans que la République, fidèle aux désirs de Jules Ferry, multiplie les sacrifices pécuniaires en faveur de l’enseignement primaire.
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Auteur :Georges Goyau Revue des Deux Mondes

C’est une sage et juste remarque, que beaucoup d’excellens instituteurs ont vérifiée : en aimant leur métier, ils faisaient aimer l’école. Jules Ferry avait raison, lorsque, pour attirer et pour retenir le petit Français sur les bancs des classes, il souhaitait de créer un corps de maîtres vraiment attachés à leur tâche. Entre la question de la fréquentation et la question des vocations pédagogiques, il discernait un lien : il sentait que l’instituteur qui aurait le goût d’être instituteur éveillerait chez l’écolier le goût d’être écolier.
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