“ Après que son action de grâces fut finie, je priai l’assistance de se retirer et prosterné, la face contre terre, je demandai pardon à mon enfant pour tout ce que je lui avais fait endurer à elle-même, lui racontai l’histoire de son enlèvement et les souffrances atroces qu’enduraient ses parents par sa disparition. J’attendais les paroles qu’elle allait prononcer comme un criminel qui doit recevoir sa sentence. « Père, me dit-elle après un moment de silence, viens m’embrasser. Je remets entre tes mains Adala, c’est mon trésor, c’est ma vie que je te confie. » ”
Charles DeGuise
Résumé
"Hélika", roman de Charles DeGuise, explore les tensions entre tribus sauvages et conversions religieuses, à travers les destins entrelacés de personnages comme Paulo, Adala et Attenousse. Les thèmes de la prière, des larmes et des réconciliations tragiques dominent, illustrés par des scènes émouvantes où le repentir et la vengeance s'affrontent.
L'œuvre mêle conflits intertribaux, souffrances parentales et alliances sanglantes, comme celle entre l'Ours Gris et les Iroquois. Les dialogues chargés de culpabilité et de rédemption révèlent une quête de paix dans un monde marqué par les violences coloniales.
Citations de Hélika (Charles DeGuise)
“ C’était un chef sauvage, lui aussi d’une tribu Souriquoise, nos alliés, et était l’ami le plus intime et le frère d’armes d’Attenousse. « L’Ours Gris, dit-il d’une voix frémissante, est-ce toi ou ton esprit que le génie du bien envoie pour sauver Attenousse ? Oh ! si c’est toi, notre frère n’a plus rien à craindre, car tu peux tout. Le Dieu des blancs est grand, plus fort que ceux que ma tribu vénérait avant l’arrivée du Père à la Robe Noire ajouta-t-il, comme se parlant à lui-même. » En prononçant ces paroles, Anakoui élevait ses yeux vers le ciel et versait des pleurs d’espérance. ”
“ Ce fut de tirer contre Octave et Marguerite, une vengeance terrible, parce que dans ma folle méchanceté, je les accusais d’avoir empoisonné le bonheur de mon existence. Je l’avoue aujourd’hui, après cet acte de barbarie, j’eus peur de moi, quand je sondai l’abîme de maux dans lequel j’allais m’enfoncer. Jamais une créature vivante n’avait été mise à mort par moi, pour le seul plaisir de voir couler son sang ou par méchanceté. Mais de ce jour, le génie du mal s’empara de moi et se garda bien de lâcher sa proie ; pour la première fois, je vis le sang avec une joie féroce. ”
