Edmond Bonnaffé

Résumé

Edmond Bonnaffé Le Commerce de la curiosité (1895)

Où et comment s'approvisionnait l'amateur?
Le problème pourrait entraîner loin. Le trafic des objets d'art est aussi vieux que la curiosité même; le premier collectionneur a engendré un jaloux, c'est le second; quand ils ont été deux, ils ont pratiqué des échanges; à trois, ils ont organisé une vente aux enchères. A ce compte, la genèse commerciale de la curiosité se perd dans la nuit des temps. Sans remonter jusque-là, nous pouvons commencer notre histoire avec les Romains; ce sont nos maîtres et nos initiateurs en curiosité comme en toute chose.
Source : Gallica

Edmond Bonnaffé Le Commerce de la curiosité (1895)

Sans doute, la passion de la curiosité ne garde pas toujours la mesure, et l'on n'est pas plus sage à Roms qu'à Paris ; qui peut répondre d'un sang-froid inaltérable sous le feu des enchères, surtout quand la vanité se met de la partie? Mais les prix tapageurs sont l'exception, la moyenne générale est plus raisonnable. Ainsi le chef-d'œuve d'Appelles, la Vénus Anadyomène, est vendue 100 talents, un demi-million, c'est-à-dire meilleur marché que l'Assomption de Murillo; César paye 80 talents deux admirables tableaux de Timomaque, soit 200,000 francs chacun, la belle affaire!
Source : Gallica

Edmond Bonnaffé Le Commerce de la curiosité (1895)

Des lors la curiosité pénètre dans la vie privée, elle élargit son domaine et sa clientèle. Aux médailles, aux livres, aux antiques, aux monuments sévères de la science et de l'histoire viennent s'ajouter les meubles, les porcelaines de la Chine, l'orfèvrerie, les estampes et les peintures contemporaines. L'art moderne prend sa place à côté de l'art ancien. Le cabinet de tableaux et la bibliothèque deviennent un luxe nécessaire, l'accessoire obligé de toute installation élégante.
Source : Gallica

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