Résumé

Portrait de Ernest Desjardins Ernest Desjardins Revue des Deux Mondes T. 6, 1874

Tout fut fait désormais pour elle et par elle ; la vie se retira en elle ; seule elle fut protégée, encouragée, développée. Les maîtres du monde, n’ayant plus à redouter les ententes communes et les accords menaçans d’autrefois, achevèrent l’œuvre de la conquête par la concession la plus large qui fut jamais des libertés publiques, à la seule condition qu’elles ne s’exerçassent que dans les étroites limites de la patrie municipale. Dans un temps où Rome n’avait plus de comices, toutes les cités de l’empire eurent les leurs. La vie y était douce et facile.
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Portrait de Ernest Desjardins Ernest Desjardins Revue des Deux Mondes T. 6, 1874

Martial, Juvénal ; mais Rome n’est pas le monde. Rome, nous la connaissons ; ce qu’on ignore, c’est l’Italie, ce sont les provinces et surtout les cités, cet élément durable et même éternel de la vie politique dans l’Europe civilisée. On s’étonne qu’un des hommes en Europe qui eussent pu le mieux réunir et mettre en œuvre les élémens de cette histoire de l’empire romain, qui eussent pu même peut-être la bien composer et l’écrire avec talent, M. Mommsen, se soit arrêté, comme effrayé, sur le seuil.
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Comment s’étonner dès lors que ce patriotisme étroit et vivace de la cité ait survécu à l’empire, à Rome elle-même qui l’avait créé, qu’il ait résisté à l’invasion barbare et aux dominations qu’elle a fait naître, et que l’on reconnaisse jusque dans les communes du moyen âge, d’où l’émancipation moderne a pris son essor, le développement de ce germe impérissable et fécond de liberté déposé depuis des siècles dans le sein des municipes et des colonies ?
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