Eugène Casalis

Eugène Casalis

Résumé

Portrait de Eugène Casalis Eugène Casalis Mes souvenirs (1886)

Quand nos Hottentots sentaient le sommeil venir, ils s'étendaient chacun sur sa natte, les pieds tournés vers le foyer, s'enroulaient, sans dire bonsoir, dans leurs manteaux de peaux de mouton, et nous, grimpant dans le wagon, nous nous mettions au lit à l'européenne.
Une heure ou deux avant l'aube nous étions réveillés par des accents de prière. C'étaient nos gens qui, l'un ici, l'autre là, adressaient à Dieu leurs remercîments et leurs requêtes. Ils se recouchaient après cela. Ces habitudes de dévotion plus que matinale nous les avons observées depuis parmi tous les indigènes pieux.
Source : Gallica

Portrait de Eugène Casalis Eugène Casalis Mes souvenirs (1886)

Ici un lion saute sur la croupe d'un zèbre; là, un autre saisit un buffle à la gorge; ailleurs, c'est un gnou qu'une lionne happe au passage.
Souvent, dans ces affreuses mêlées, tout n'est pas plaisir pour les assaillants. Maints coups de corne, maintes ruades bien appliquées, leur apprennent ce que peut le courage du désespoir. Mais ces messieurs n'y regardent pas de si près. Un œil poché, quelques mèches de crinière de moins, une dent ébréchée, ne les empêchent pas de rugir triomphalement et de se mettre à leur repas avec un frémissement de plaisir.
Source : Gallica

Portrait de Eugène Casalis Eugène Casalis Mes souvenirs (1886)

Mais reprenons l'histoire du lion dans l'emploi de ses vingt-quatre heures.
Il ne se réveille tout de bon qu'à la nuit tombante. Frais et dispos, il remonte sur son observatoire. Il n'a plus la majestueuse nonchalance du matin. Il est svelte, élancé ; sa crinière n'encadre plus comme une ample gorgerette une face grave et sénatoriale. Elle semble s'être rabattue sur les épaules , tant la tête se projette en avant pour mieux inspecter le désert. Tout dans l'attitude de l'animal dénote une grande activité des sens de la vue, de l'ouïe et de l'odorat.
Source : Gallica

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